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Un vaccin chez les koalas pour lutter contre l’épidémie de chlamydia

Crédits : StockSnap/pixabay

Cette année semble être consacrée à la vaccination pas seulement pour les humains, mais aussi pour les koalas. Dans le cadre d’un essai, environ 400 de ces animaux seront en effet bientôt vaccinés contre l’infection à chlamydia, une maladie sexuellement transmissible (MST) répandue dans certaines régions d’Australie.

L’infection à chlamydia est une maladie sexuellement transmissible causée par la bactérie Chlamydia trachomatis. On dénombre chez les humains environ 131 millions de nouveaux cas chaque année dans le monde. Cela étant, la maladie touche également les koalas (toujours par contact sexuel). Près de la moitié des effectifs sont d’ailleurs touchés. Comme pour chez les humains, si elle n’est pas traitée, cette bactérie peut alors provoquer une inflammation sévère des yeux pouvant entraîner une cécité, ainsi qu’une inflammation des voies génitales et des organes reproducteurs pouvant occasionner une infertilité permanente.

Pour la traiter, les vétérinaires s’appuient généralement sur les mêmes antibiotiques que ceux utilisés par les humains. Malheureusement, ces médicaments ont des effets secondaires importants, entraînant notamment une perturbation de leur microbiote intestinal permettant la digestion des feuilles d’eucalyptus dont ils raffolent. Le taux de réussite de ces antibiotiques varie également.

Sur ce dernier point, des progrès ont néanmoins été réalisés récemment. Il y a quelques mois, une analyse comparative des antibiotiques les plus couramment administrés aux koalas souffrant d’infection à chlamydia, menée par un étudiant à la Cummings Veterinary School de l’Université Tufts (Massachusetts), a en effet permis d’isoler les plus efficaces : le chloramphénicol et la doxycycline.

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Crédits : Echidna Walkabout et Koala Clancy Foundation

Un vaccin pour prévenir les infections

Plus récemment, une équipe de chercheurs de l’Université australienne de la Sunshine Coast (USC) s’est également concentrée sur une approche vaccinale dans le but de prévenir ces infections en premier lieu.

Le professeur Peter Timms, à l’origine de ces travaux, a passé la dernière décennie à étudier l’impact de la chlamydia chez les koalas et à séquencer le génome de cette espèce, conduisant finalement au développement de ce sérum. Des essais de phase 1 et de phase 2 impliquant plus de 250 koalas ont déjà été menés avec succès. D’après les résultats, le vaccin serait sûr et provoquerait une bonne réponse immunitaire amenant à une diminution des niveaux d’infection, le tout sans effets secondaires indésirables.

Les chercheurs entameront bientôt un essai de phase 3 impliquant cette fois 400 koalas, en commençant par les pensionnaires de l’Australia Zoo Wildlife Hospital, du Moggill Koala Rehabilitation Center et du RSPCA Wildlife Hospital, puis en continuant avec les animaux dans la nature.

Les chercheurs espèrent évidemment que cette campagne portera ces fruits. Dans de nombreuses régions d’Australie, la situation des koalas est en effet très sombre. Touchés par la diminution de leur habitat, les accidents de la route et les attaques de chiens, ils sont classés dans le Queensland et la Nouvelle-Galles-du-Sud comme vulnérables. Plus récemment, les feux de brousse dévastateurs de 2020 ont tué plus d’un milliard d’animaux, dont plus d’un millier de koalas.