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Un vaccin contre le VIH passe en phase II de test

Crédits : Grook Da Oger / Wikipédia

Pour la première fois dans le monde, une société pharmaceutique, qui plus est française (Biosantech), a reçu l’autorisation de procéder à la phase II des essais cliniques d’un vaccin contre le VIH. Il existe deux formes pour ce virus, le VIH-1 et le VIH-2. C’est ce premier qui est responsable de la pandémie de sida actuelle et qui est visé par le vaccin.

Le but de ce vaccin est d’amener l’organisme à détruire la protéine TAT. Si l’on reprend le mécanisme de reproduction du VIH (voir l’article ici), cette protéine permet l’activation du génome viral, ce qui entraine la réplication du virus au sein de la cellule infectée. Ce vaccin thérapeutique aidera donc l’organisme à se défendre contre le VIH-1 une fois la maladie déclarée. En comparaison, un vaccin préventif préparera le corps à éliminer l’agent viral sans déclarer la maladie.

En moyenne, la création d’un vaccin demande plus d’une dizaine d’années de recherches et de travaux. Les tests cliniques se font sur plusieurs étapes. La première est la phase exploratoire où les scientifiques étudient le virus, ses mécanismes.. La seconde est la phase préclinique, il s’agit de vérifier que l’antigène, c’est-à-dire la molécule responsable de la réaction immunitaire, n’est pas dangereux pour l’homme. On arrive ensuite au développement clinique qui est constitué de trois phases. La phase I a pour but de tester le remède sur un petit nombre d’individus, entre 10 et 100, afin de confirmer l’absence de toxicité. Celle-ci a été passée haut la main par notre vaccin puisque, chez les 48 personnes testées, aucun effet indésirable n’a été détecté.

Vous me direz que ce n’est pas très représentatif de la population… Kein Problem ! On passe en phase II et le vaccin est testé sur un plus grand nombre de volontaires, entre 100 et 3000. Cette phase a plusieurs objectifs, dans notre cas, deux seulement : déterminer la dose pour obtenir une réaction immunitaire optimale et maintenir chez 30 % des patients un taux de virus dans le sang, appelé virémie, inférieur à 40 particules virales/ml sans utiliser de traitements complémentaires.

Vous voulez davantage de tests ? Ça tombe bien, nous aussi. On arrive à la phase III. On teste alors l’efficacité et la tolérance du vaccin sur une plus grande échelle, entre 3000 et 40 000 sujets volontaires. Si tout est correct, les résultats sont soumis aux autorités de santé compétentes afin que le produit soit homologué. Attendez ! Ce n’est pas encore fini. Une fois le feu vert donné, il reste encore le processus de fabrication et il faut parfois attendre jusqu’à deux ans afin que le premier lot de vaccins soit produit, sachant que 70 % du temps est consacré au contrôle de qualité.

Vous comprendrez donc que la commercialisation de ce vaccin n’est hélas pas encore à l’ordre du jour. Mais le fait qu’un vaccin réussisse à être aussi avancé dans les tests cliniques démontre que la science continue de progresser. Il est donc possible que dans un futur proche, les scientifiques réussissent à endiguer l’épidémie du sida.

 

Sources : CNRS, Futura Sciences bissanofipasteur, Santé Médecine