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Un vaccin contre Ebola aux résultats prometteurs a été élaboré au Canada

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Crédits : iStock

Un premier essai de vaccin contre le virus Ebola (EVD) développé au Canada n’a présenté aucun problème de sécurité et a permis la présence d’anticorps importants chez les personnes volontaires 6 mois après vaccination. L’étude a été menée par des chercheurs canadiens et a été publiée dans le Canadian Medical Association Journal.

L’équipe scientifique a mené l’essai clinique « dans le cadre d’un effort international pour évaluer rapidement les vaccins EVD et les mettre à disposition pour contrôler l’épidémie », d’après le docteur May ElSherif, du Centre canadien de Vaccination, du Centre de santé IWK (Halifax, Nouvelle-Écosse). L’étude comprenait 40 personnes en bonne santé âgées de 18 à 65 ans et a examiné la sécurité du vaccin, tout en analysant la réponse immunitaire de l’organisme pour une dose faible (sur 3 niveaux de dose). 30 participants ont reçu le vaccin et les 10 derniers ont reçu des injections de placebo (qui contient des substances neutres sans effet pharmacologique). Les chercheurs ont constaté que les effets indésirables des injections étaient minoritaires, voire modérés avec seulement 3 réactions sévères (maux de tête, diarrhée, fatigue).

« Les résultats de cet essai ont été positifs et très prometteurs : tous les 3 niveaux de dose du vaccin VSV (virus de la stomatite vésiculaire) Ebola ont été bien tolérés par les participants et aucun problème de sécurité n’a été identifié », déclare ElSherif. De nombreux autres vaccins Ebola sont évalués dans des essais, en phase 1, 2 et 3, tous récemment achevés dans diverses régions du globe. Le vaccin canadien a été développé au Laboratoire canadien de microbiologie de l’Agence de santé publique du Canada. Un essai parallèle et similaire a été mené à l’Institut de recherche Walter Reed Army, aux USA.

Les données de cet essai permettent de déclarer que la dose optimale de vaccin à injecter est de 20 millions de pfu (« plaque-forming unit », une unité de mesure du nombre de particules capables de former des plaques par unité de volume, telles que les particules virales). Cette dose sera évaluée chez les personnes atteintes d’un système immunitaire compromis, notamment dans les régions où le virus Ebola sévit. Une étude à venir sur deux sites en Afrique, ainsi qu’à Montréal et à Ottawa, permettra de tester les niveaux de sécurité et de protection du vaccin élaboré chez les adultes et adolescents atteints du VIH. Un essai complet en phase 3 a montré que le vaccin est efficace pour prévenir Ebola dans les cas d’infections confirmées. Compte tenu de la présence actuelle d’Ebola, « ces faits soulignent l’importance de poursuivre les efforts et les collaborations susceptibles d’aboutir à des vaccins Ebola qui protégeraient les êtres humains et contrôleraient l’épidémie dans le futur », conclut ElSherif.