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Il va passer deux mois dans un phare maudit et abandonné depuis plus de 100 ans

Crédits Pixabay

Marc Pointud s’embarque pour deux mois d’exile sur cet îlot situé au large de l’ile de Sein et de la pointe du Raz, dans le cadre de son combat pour sauvegarder le phare breton de Tévennec. Il espère en effet réunir les fonds nécessaires à sa réhabilitation.

Automatisé dès 1910 du fait de son accès difficile, voilà plus de 100 ans que le phare « maudit » de Tévennec est laissé à l’abandon. Mais depuis ce samedi 27 février, ce phare posé sur un caillou situé au large de l’île de Sein et de la pointe du Raz accueille une nouvelle âme : Marc Pointud, président de la Société nationale pour le patrimoine des phares et balises. Équipé d’une connexion Internet, de gaz, et de 400 kilos de matériels et de vivres, l’homme entend bien sensibiliser le public au patrimoine français des phares.

Et quel meilleur endroit que cette vieille bâtisse pour attirer les regards. Au large du Finistère, le phare de Tévennec, qui dépasse de 14 mètres le niveau de la mer, a subi et subit encore de nombreuses tempêtes, et serait depuis toujours le théâtre d’événements aussi étranges que dramatiques. Le phare jouit en effet d’une sinistre réputation auprès des marins. On raconte à son propos toutes sortes d’histoires : des gardiens qui perdent la tête, à ceux qui meurent brutalement, en passant par ces cris lugubres prêtés aux âmes des nombreux naufragés, qui se feraient entendre de temps à autre entre les rochers. Une grotte sous-marine traversant l’îlot de part en part, les vagues s’y engouffrent, l’air s’en échappe, produisant ainsi des hululements tout à fait sinistres. Le pourquoi du comment, sûrement.

Mais qu’à cela ne tienne, dans sa nouvelle maison, Marc Pointud aura une vue imprenable sur la mer, et il compte bien rompre la malédiction. Compte tenu des particularités du site sur lequel il est érigé, Marc Pointud a été hélitreuillé, ce samedi. Il restera ici deux mois en totale autarcie, et dans sa solitude, notre ermite des temps modernes aura pour seuls compagnons La Bible, « L’ère du peuple », de Mélenchon, le vent et les embruns.

Source : Le Figaro