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Nous utilisons seulement 10% de notre cerveau, mythe ou réalité ?

Crédits : Lucy the movie / Facebook

Il s’agit ici d’une croyance populaire qui existe depuis le siècle dernier, et le débat semble être éternel. Alors que de nombreux scientifiques estiment que l’idée est totalement infondée, d’autres continuent les recherches.

Il y a quelques temps, cette croyance a été remise en question lors de la sortie du film Lucy de Luc Besson (2014). Le slogan de l’affiche du film était d’ailleurs sans équivoque : « On utilise en moyenne 10 % de nos capacités cérébrales. Elle est à 100 % ». L’héroïne, après avoir subi un accident, s’est trouvée en capacité de développer ses capacités cognitives à l’infini jusqu’à pouvoir utiliser des super-pouvoirs.

D’où vient cette croyance ? Catherine Vidal, neurobiologiste et directrice de recherche à l’Institut Pasteur interrogée par 20 Minutes, estime qu’il s’agit d’une idée reçue sur le cerveau qui trouve sa source il y a des décennies. Des études en neurologie destinées à faire avancer cette discipline ont été menées sur le cerveau de blessés de différentes guerres. C’est là que les chercheurs comprennent que les lésions de certaines zones cérébrales entraînent des handicaps touchant par exemple la motricité ou encore la vision.

En revanche à l’époque, aucun impact majeur n’avait été observé suite à des lésions de la partie frontale du cerveau et les médecins avaient conclu qu’il s’agissait de zones non utilisées. Or de nos jours, la technologie IRM permet de savoir qu’il n’existe aucune région endormie ou non utilisée dans notre cerveau. Concernant la partie frontale de l’organe, cette zone semble être indispensable pour la planification et les souvenirs.

Le cerveau est complexe, composé de 100 milliards de neurones et chacun d’entre eux est connecté à 10 000 autres. Comme l’explique Science & Vie, si 90 % de notre cerveau étaient inactifs, l’organe n’aurait que 10 % de son volume initial en raison de la disparition des autres neurones.

Pour Simon Thorpe du Centre de Recherche Cerveau & Cognition (CERCO), l’idée que la totalité des capacités cognitives du cerveau n’est pas exploitée n’est pas ridicule :

« Je défends l’hypothèse que 90 % de nos neurones ne sont peut-être pas actifs. Ils seraient en quelque sorte endormis. Ces neurones seraient des traces de mémoire, dans l’attente d’un stimuli. Ils nous permettraient par exemple de reconnaître des musiques entendues plusieurs décennies plus tôt. »

Selon l’intéressé, un moyen de libérer ces neurones endormis sera peut-être trouvé à l’avenir et l’effet sera similaire au retour de fantastiques capacités d’apprentissage comme lorsque nous étions enfants. En attendant, nous pouvons être sûrs qu’obtenir d’incroyables pouvoirs comme Lucy ne sortira jamais du registre de la science-fiction !

Sources : Science & VieLe Point20 Minutes