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Des scientifiques vont utiliser les plus anciennes tumeurs existantes pour étudier les cancers rares

Crédits : iStock

Une équipe de scientifiques utilise les plus anciennes tumeurs intactes disponibles pour rechercher les gènes des cancers infantiles rares. Leur étude est la première à séquencer des échantillons de tumeurs recueillis il y a près de 100 ans.

À l’heure actuelle, il est très difficile pour les chercheurs qui étudient des cancers rares de mettre la main sur des échantillons de tumeurs « fraîches », conservées grâce à de l’azote liquide peu de temps après l’extraction. Ces cancers sont en effet si rares que seule une poignée d’enfants dans le monde sont touchés à un moment donné. L’échantillonnage étant donc très mince, il est difficile d’effectuer des essais cliniques raisonnables concernant ce type de cancers. C’est pourquoi de nombreux chercheurs se tournent vers les « échantillons du passé ».

Pour trouver des tumeurs anciennes, mais intactes, le chercheur Sam Behjati et son équipe de l’Institut Wellcome Trust Sanger au Royaume-Uni ont fouillé dans les archives de l’hôpital pour enfants le plus ancien du monde anglophone : le Great Ormond Street Hospital, un établissement hospitalier fondé en 1852 situé à Londres, dans le quartier de Bloomsbury. En extrayant les archives pour les tumeurs des années 1920, époque où les méthodes de classification étaient les plus comparables aux diagnostics modernes, les chercheurs ont alors pu retrouver et séquencer trois échantillons de tumeurs qui ont été recueillis il y a près d’un siècle dont les tissus ont été conservés grâce à une solution de formaldéhyde.

Crédits : John Stead/Great Ormond Street Hospital

Parmi ces échantillons figuraient un rhabdomyosarcome, un angiome capillaire et un lymphome. Après avoir confirmé les diagnostics originaux, l’équipe a ensuite extrait l’ADN du tissu restant et séquencé 366 gènes pour chacune des tumeurs. Ils ont alors trouvé des mutations associées aux formes les plus rares de cancers infantiles dans les trois échantillons.

Le fait d’utiliser les archives des hôpitaux augmenterait considérablement la disponibilité d’échantillons de tumeurs rares, permettant aux scientifiques de découvrir pour la première fois quels gènes sont impliqués dans ces cancers. Ces résultats pourraient finalement conduire à des traitements plus efficaces pour les formes peu communes de la maladie.

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