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L’US Air Force lance un premier missile hypersonique opérationnel

missile hypersonique AGM-183A ARRW
Une illustration du missile hypersonique AGM-183A ARRW. Crédit : Lockheed Martin

L’US Air Force a testé avec succès son premier prototype de missile hypersonique : le AGM-183A. Il devrait s’agir de la première arme hypersonique de l’armée américaine à atteindre le statut opérationnel. Voici ce que nous savons à l’heure actuelle.

Nouveau test réussi

Les missiles hypersoniques sont conçus pour voler beaucoup plus vite que les missiles conventionnels. Ils sont également plus maniables, permettant d’échapper à de nombreux systèmes de défense. Nous savons que la Chine et la Russie ont fait d’importants progrès dans le développement de telles armes au cours de ces dernières années. Cependant, les États-Unis ne sont pas en reste.

Le AGM-183 ARRW, développé par Lockheed Martin, est l’un de ces missiles. La société vient d’effectuer son cinquième test. La toute première tentative, réalisée le 5 avril 2021, avait échoué. Le missile n’était en effet pas parvenu à se séparer du pylône de son bombardier B-52. Il n’avait ensuite pas réussi à allumer son propulseur après séparation lors de la seconde et troisième tentative en juillet et décembre de la même année.

Le quatrième essai en vol de l’ARRW, opéré le 14 mai dernier, avait finalement été couronné de succès au large des côtes de Point Mugu, en Californie du Sud. L’arme, lancée depuis un B-52H Stratofortress, avait pu atteindre des vitesses supérieures à Mach 5 (6 000 km/h). Même résultat pour ce nouveau test réalisé le 9 décembre dernier au large des côtes de la Californie, à la différence près qu’il s’agissait ici du « premier lancement d’un prototype de missile opérationnel complet« , ont écrit des responsables de l’US Air Force.

La vitesse maximale de l’AGM-183A (conçu et testé en cinq ans seulement) n’est quant à elle pas connue. Si l’on se base sur les autres missiles des précédents essais construits par la DARPA, nous pourrions néanmoins tabler sur une vitesse de Mach 20, soit environ 24 000 km/h.

missile hypersonique AGM-183A ARRW
Les membres d’équipage du 912e Escadron de maintenance des aéronefs fixent l’AGM-183A sous l’aile d’un B-52H Stratofortress. Crédits : USAF/Giancarlo Casem

Une arme redoutable

L’AGM-183A est ce qu’on appelle un missile « propulsé-plané ». L’arme est transportée sous l’aile d’un bombardier (le B-52H) avant d’être larguée. Un propulseur de fusée solide s’enflamme alors, soulevant le missile à une altitude et une vitesse spécifiques avant que ses carénages de charge utile ne s’ouvrent pour le libérer.

Ces armes ne tombent pas le long de trajectoires prévisibles en forme d’arc comme les missiles balistiques. Au lieu de cela, après s’être séparés de leur moteur-fusée, ils « glissent » vers leurs cibles sans moteur le long d’une trajectoire plus plate. Ils sont également capables d’exécuter des manœuvres brusques en vol.

Pour toutes ces raisons, ces missiles sont très difficiles à détecter et à suivre par les systèmes de défense aérienne actuels. Le Pentagone investit d’ailleurs dans le développement de nouvelles classes d’intercepteurs pour aider à contrer les armes hypersoniques ennemies.

Selon l’US Air Force, cette nouvelle arme sera essentiellement utilisée pour cibler des sites de missiles fixes, des stations radars, des installations de défense aérienne ou même les bâtiments du quartier général adverse.

Brice Louvet

Rédigé par Brice Louvet

Brice est un journaliste passionné de sciences. Ses domaines favoris : l'espace et la paléontologie. Il collabore avec Sciencepost depuis près d'une décennie, partageant avec vous les nouvelles découvertes et les dossiers les plus intéressants.