Trois petites lunes découvertes autour d’Uranus et Neptune

Uranus Neptune
Les images en couleurs « vraies » montrent les teintes réelles estimées de deux planètes du système solaire. Uranus est à gauche tandis que Neptune est à droite. Crédits : Patrick Irwin

Les confins de notre Système solaire continuent de révéler leurs mystères. Des astronomes annoncent en effet la découverte de trois nouvelles lunes : deux en orbite autour de Neptune et une autour d’Uranus. Ces observations portent le nombre total de lunes connues autour de la première à seize et autour de la seconde à vingt-huit.

La plus petite lune jamais identifiée

La plus récente addition à la famille des lunes d’Uranus, provisoirement nommée « S/2023 U1 », mesure à peine huit kilomètres de large, ce qui en ferait potentiellement la plus petite de son genre. Elle réalise une orbite complète autour d’Uranus en 680 jours, ajoutant ainsi une dimension intrigante à notre connaissance des lunes de cette planète glacée. À titre de comparaison, la lune de Mars nommée Deimos, souvent considérée comme l’une des plus petites lunes connues, mesure treize kilomètres de large.

Concernant les nouvelles lunes de Neptune, la plus brillante, temporairement baptisée « S/2002 N5 », affiche une largeur de vingt-trois kilomètres et complète son orbite autour de Neptune en neuf ans. En revanche, la lune plus faible, actuellement désignée « S/2021 N1 », mesure quatorze kilomètres de large et met environ vingt-sept ans pour faire le tour de la géante gazeuse. Ces deux lunes neptuniennes recevront des noms permanents inspirés des dieux marins et des nymphes de la mythologie grecque. La nouvelle a été annoncée par le Minor Planet Center de l’Union astronomique internationale, basé au Massachusetts, un organisme qui attribue les désignations aux planètes, comètes et lunes de notre Système solaire.

Ces découvertes sont le résultat du travail acharné d’une équipe d’astronomes dirigée par Scott Sheppard de la Carnegie Institution for Science, en collaboration avec des chercheurs du Jet Propulsion Laboratory (JPL) de la NASA, de l’Université d’Hawaï et de l’Université Kindai, grâce à des instruments d’observation situés à Hawaï et au Chili.

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La nouvelle lune d’Uranus, S/2023 U1, est indiquée par la flèche jaune dans l’image du bas. C’est le point de lumière très faible, pas la grosse goutte. Crédits : Scott Sheppard/Carnegie Science

Des lunes captées au cours de leur histoire

Ces trois petites lunes se distinguent également par leurs orbites ovoïdes et très inclinées, ce qui suggère qu’elles n’ont pas nécessairement évolué aux côtés de leurs planètes hôtes depuis leur formation initiale.

Cette caractéristique orbitale particulière suggère plutôt qu’elles ont probablement été capturées gravitationnellement à un stade ultérieur de l’histoire du Système solaire. Elles pourraient ainsi provenir de la ceinture de Kuiper, qui enroule notre étoile au-delà de l’orbite de Neptune, ou même provenir d’un autre système.

Notez que les mécanismes exacts de capture gravitationnelle peuvent varier. Par exemple, des interactions avec d’autres planètes, des passages près d’autres lunes, ou des influences gravitationnelles provenant du Soleil peuvent jouer un rôle dans le processus de capture.

En étudiant ces lunes nouvellement découvertes, les scientifiques espèrent ainsi obtenir des indices sur les processus dynamiques qui ont façonné le Système solaire au fil du temps.