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Si l’Univers a un Créateur, peut-être nous a-t-il laissé un message ? Un chercheur a tenté de le trouver

Variations de température dans le CMB. Crédits : ESA/collaboration Planck

L’Univers est encore très mystérieux. La question existentielle de son origine, notamment, interroge encore aujourd’hui beaucoup de monde, dont de nombreux chercheurs. A-t-il été créé ? Et si tel est effectivement le cas, ce Créateur nous a-t-il laissé un message ? Pour le savoir, l’astrophysicien Michael Hippke s’est penché sur le rayonnement fossile de l’Univers.

Revenons très loin en arrière. Durant les premiers milliers d’années qui suivirent le Big Bang – il y a environ 13,8 milliards d’années – l’Univers était si chaud et dense que les atomes ne pouvaient se former. Les protons et autres électrons évoluaient alors sous forme de plasma ionisé. Puis, à mesure que l’Univers se refroidissait et se développait, ces protons et électrons se combinèrent pour former les premiers atomes d’hydrogène neutres (époque de la recombinaison). Peu à peu, l’espace devint alors clair et la lumière put enfin s’y déplacer librement.

Cette “première lumière”, apparue environ 380 000 ans après le Big Bang, est encore détectable aujourd’hui, envahissant tout l’espace connu. C’est le fond diffus cosmologique (CMB).

Le CMB comme « panneau d’affichage »

Ceci dit, il y a quelques années, deux physiciens théoriciens – Stephen Hsu de l’Université de l’Oregon et Anthony Zee de l’Université de Californie à Santa Barbara – se sont posé les questions existentielles que beaucoup d’entre nous se sont déjà posées un jour : l’Univers pourrait-il avoir été créé ? Et si oui, y a-t-il moyen de le savoir ?

Les deux physiciens ont alors fait valoir – tout à fait théoriquement – que si l’Univers avait eu un Créateur, celui-ci aurait pu y laisser un message potentiellement visible par toutes civilisations technologiques dans le fond diffus cosmologique, en raison de son omniprésence.

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Une carte du CMB nous montrant les fluctuations ou anisotropies de températures de l’Univers primordial. Crédits : NASA/WMAP Science Team

Un message binaire ?

Notez qu’à cette époque, l’Univers primitif n’était pas uniforme, affichant des variations de densité qui se manifestent aujourd’hui par de très légères fluctuations de la température. Aussi, les chercheurs ont proposé qu’un message binaire puisse être codé dans ces variations de température.

Notez qu’il existe tout de même plusieurs problèmes à cette théorie. Le premier que le CMB est en effet sans cesse en train de refroidir. Environ 380 000 après le Big Bang, il affichait en effet une température moyenne d’environ 3 000 Kelvin. De nous jours, 13,4 milliards d’années plus tard, le thermomètre affiche 2,7 Kelvin. Il apparaît également très improbable que le CMB apparaisse exactement sous la même forme selon l’endroit où vous vous retrouvez dans l’Univers.

De plus, nous ne pouvons pas observer le CMB entier en raison de l’émission au premier plan de la Voie lactée. Autrement dit, il existe une incertitude statistique inhérente à chaque observation cosmologique que nous faisons. Ceci dit, l’astrophysicien Michael Hippke, de l’Observatoire de Sonneberg en Allemagne, s’est tout de même attaqué au problème en prenant en compte toutes ces problématiques.

Pour ses travaux, il s’est appuyé sur le satellite Planck et la Wilkinson Microwave Anisotropy Probe (WMAP), qui ont tous deux observé et enregistré les fluctuations de température dans le CMB. À partir de ces ensembles de données, le chercheur a ensuite extrait un flux binaire, comparant les résultats de chaque ensemble de données pour trouver les bits correspondants.

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Crédits : M. Hippke, arXiv, 2020

« Je n’ai trouvé aucun message significatif »

Les 500 premiers bits du message sont illustrés ci-dessus. Les valeurs en noir étaient identiques dans les jeux de données Planck et WMAP et sont considérées comme exactes avec une probabilité de 90 %. Les valeurs en rouge cependant, diffèrent entre les deux jeux de données. Pour cette recherche, l’astrophysicien a choisi les valeurs de Planck, précises à environ 60 %.

En tapant ses données binaires dans l’encyclopédie en ligne des suites de nombres entiers, il n’a finalement trouvé aucun résultat probant. « Je n’ai trouvé aucun message significatif dans le flux binaire réel », a-t-il écrit. « Nous pouvons conclure qu’il n’y a pas de message évident sur le ciel du CMB ».

Notez que l’article d’Hippke décrivant ses méthodes et ses résultats est disponible sur le serveur de pré-impression arXiv, mais qu’il n’a pas encore été revu par les pairs.