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Une vie complexe a besoin de continents et d’océans pour se former, mais en quelle quantité ?

Crédits : skeeze / Pixabay

Un équilibre délicat entre les masses continentales et les océans est nécessaire pour le développement d’une vie extraterrestre complexe, révèle une étude publiée par des chercheurs de Harvard. Les détails celle-ci sont disponibles sur le site arxiv.

Nous avons sur Terre une vie complexe développée sur un monde qui présente un certain ratio continents/océans (30:70). Notre planète étant à ce jour la seule connue pour abriter une forme de vie complexe – ou une forme de vie tout court, d’ailleurs. Il est donc tout à fait normal de la prendre comme exemple, et de penser qu’un monde présentant des océans et des terres émergées puisse également permettre le développement d’une vie complexe (d’autres facteurs doivent bien sûr entrer en jeu). Mais dans quelle mesure continents et océans doivent-ils être présents ?

De l’eau, mais pas trop

Nous avons découvert au cours de ces dernières années des milliers d’exoplanètes, et parmi elles beaucoup de mondes « aquatiques », recouverts d’eau. Ceux-ci, selon les estimations, auraient du mal à soutenir le développement de la vie. Parallèlement, des planètes où l’eau est absente ne peuvent pas non plus soutenir la vie telle que nous la connaissons. C’est ce qu’explique Manasvi Lingam, principal auteur de l’étude :

« Trop de masse continentale est un problème, car elle limite la quantité d’eau de surface, rendant ainsi la plupart des continents très arides. Les écosystèmes arides sont généralement caractérisés par de faibles taux de production de biomasse sur Terre. Au lieu de cela, poursuit-il, si l’on considère le scénario opposé (c’est-à-dire principalement les océans), on se heurte à un problème potentiel lié à la disponibilité du phosphore, qui est l’un des éléments essentiels de la vie telle que nous la connaissons. Par conséquent, cela pourrait entraîner un goulot d’étranglement sur la quantité de biomasses ».

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Crédits : Pexels/ Ian Turnell

Un équilibre délicat

Le fait d’avoir des terres émergées permet en effet au phosphore de se dissoudre dans les océans. C’est pourquoi il nous faut de l’eau et des continents. Mais quels en quelle quantité ? En s’appuyant sur les conditions retrouvées sur Terre, les chercheurs ont ici développé un modèle permettant de répondre à cette question. Il en ressort alors qu’un équilibre délicat entre les masses continentales et les océans est essentiel à l’émergence de biosphères complexes. Plus précisément, les fractions d’eau doivent être comprises entre 30 % et 90 % de toute la surface (soit entre 10 et 70 % pour les terres émergées) d’un monde.

Les prochains télescopes en diront plus

Et pour les chercheurs, ces mondes sont probablement assez rares dans l’Univers, bien que nous soyons dans l’incapacité, aujourd’hui, de le déterminer avec précision. Nos télescopes actuels ne sont pas assez puissants pour ne serait-ce que déterminer la présence ou non d’une atmosphère sur les exoplanètes déjà répertoriées. Les télescopes de nouvelle génération pourraient en revanche nous aider à répondre à cette question. On pense notamment au Very long télescope (ELT) de l’ESO, et au James Webb Telescope (JWST), disponibles respectivement en 2024 et 2021.

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