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Une taxe de 15€ pour pouvoir respirer à l’aéroport de Caracas !

Crédits : Venex / Wikimedia Commons

Les voyageurs doivent maintenant payer une « taxe respiration » qui s’ajoute au prix du billet et à la taxe d’aéroport. Dans un pays touché par la crise économique et par la pauvreté, cette annonce suscite l’indignation.

 C’est une mesure tout droit sortie des théories libertariennes les plus extrêmes, voire d’un film de science-fiction : Les passagers transitant par la capitale du Venezuela doivent maintenant s’acquitter de la somme de 127 bolívars, soit presque 15 € pour pouvoir respirer. En cause, le nouveau système d’air conditionné, capable d’injecter dans l’air de l’ozone, pour le purifier et en éliminer les contaminants et les bactéries ; l’aéroport de Maiquetia clame ainsi être le premier aéroport sud-américain à s’équiper de cette technologie (malgré un système similaire à Santiago, au Chili). Cette taxe permettrait alors de rembourser ce dispositif particulièrement onéreux.

La décision a provoqué un tollé d’indignation sur les réseaux sociaux, duquel émerge un mélange de protestations, d’incrédulité et d’humour. Le journaliste vénézuélien David Martinez s’amuse du contraste entre l’insalubrité des locaux et leur prétendue avancée technologique : « Quelqu’un peut m’expliquer pour l’ozone à l’aéroport de Caracas ? Les toilettes n’ont pas d’eau, l’air conditionné est cassé et il y a des chiens errants à l’intérieur. Par contre, ils ont de l’ozone ? ». Les plus cinéphiles des internautes n’hésitent pas à faire référence à certaines œuvres cinématographiques : « Le plus grand aéroport du Venezuela fait payer aux passagers le droit de respirer de l’air pur. “La folle histoire de l’espace” n’était pas un film aussi stupide que cela. » Dans un pays fortement touché par l’inflation, le cynisme règne, comme l’illustre le tweet d’un internaute, qui fait explicitement référence aux prochaines élections présidentielles : « Le Venezuela n’a pas besoin d’ozone, mais d’un bouche à bouche pour le réanimer. Avant 2019, s’il vous plaît. »

Mais cette nouvelle taxe s’inscrit surtout sur fond de tensions entre les compagnies aériennes et le gouvernement vénézuélien. En effet, selon l’Association internationale du transport aérien, le pays doit un peu plus de 3 milliards de dollars aux firmes étrangères, suite à la vente de billets d’avion au Venezuela. Les sociétés nord-américaines ont déjà réagi et ont diminué le nombre de vols en guise de représailles, Delta Airlines réduisant les vols quotidiens à un unique vol hebdomadaire à destination de Caracas, American Airlines supprimant 80 % de ses vols, tandis qu’Air Canada a purement et simplement choisi d’arrêter de desservir cette destination. Le pays risque donc de voir ses relations avec l’international se dégrader, peut être jusqu’au point de se voir isolé, faute d’un dessert aérien suffisant…

Sources: Vice News,  BBC news, Le Parisien