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Une substance psychotrope bien connue pourrait “éteindre” le cerveau !

Crédits : Université de Cambridge

Une récente étude britannique a fait une découverte assez incroyable sur la kétamine. En cas d’une importante prise de cette substance, le cerveau pourrait s’arrêter complètement un court instant avant de redémarrer. Ce phénomène a été observé pour la toute première fois chez des moutons.

Une interruption de quelques minutes

Synthétisée pour la première fois en 1962, la kétamine est un psychotrope utilisé comme anesthésique général. Malheureusement, il s’agit également d’une drogue puissante faisant des ravages. Malgré le fait que la science connaisse cette substance depuis plus d’un demi-siècle, celle-ci a encore des secrets à révéler. Dans une étude publiée dans la revue Scientific Reports le 11 juin 2020, une équipe de chercheurs de l’Université de Cambridge (Royaume-Uni) a fait part de ses découvertes.

La découverte en question a été faite alors que les scientifiques étudiaient les motifs de l’activité cérébrale chez six moutons atteints de la maladie de Huntington. Après leur avoir administré de la kétamine, les chercheurs ont observé chez cinq de ces animaux une interruption complète de l’activité cérébrale durant plusieurs minutes ! Or, il s’avère que jamais un tel phénomène n’avait été observé auparavant.

Les meneurs de l’étude expliquent qu’il ne s’agit pas d’une simple baisse de l’activité cérébrale. En effet, il est bien question d’un arrêt complet du cerveau ! Après quelques minutes, le cerveau des moutons s’est remis à fonctionner normalement. Pour Jenny Morton ayant dirigé ces recherches, « c’était comme si on les avait éteints et rallumés ». Par ailleurs, il faut savoir que ceci a été visible grâce aux relevés électroencéphalographiques.

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Crédits : Roger Davies / Flickr

Un cerveau toujours en vie et intact

L’étude a intégré plusieurs dosages de kétamine, allant de 3 mg/kg à 24 mg/kg. Il s’agit respectivement du seuil maximal en tant qu’anesthésique et du seuil minimum en tant que drogue. Ceci a permis de comprendre que l’activité cérébrale des moutons suit une sorte de cycle composé de trois étapes bien distinctes. Selon les chercheurs, il est question d’une sédation suivie d’une anesthésie dissociative et d’une absence de mouvements volontaires, puis d’un état pleinement conscient et alerte (toujours sans mouvements).

En réalité, l’interruption total du cerveau a été observé avec les dosages les plus hauts. Toutefois, les chercheurs ont indiqué que les animaux respiraient toujours. Autrement dit, certaines zones corticales étaient encore actives, témoignant du fait que le cerveau était toujours en vie et non endommagé.

Pour les meneurs de l’étude, ces découvertes peuvent permettre de mieux comprendre comment fonctionne la kétamine sur le cerveau en tant qu’anesthésique. Par ailleurs, il pourrait être question d’ouvrir des pistes pour un usage de cette substance afin de lutter contre certains troubles neurologiques et psychiques.