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Une source inconnue envoie des signaux vers la Terre tous les 157 jours

Le cercle vert indique l'origine spatiale du FRB 121102. Crédits : Rogelio Bernal Andreo

Pour la deuxième fois, des astronomes ont isolé une rafale radio rapide (FRB) se répétant selon un cycle régulier et prévisible. L’origine de ces signaux reste néanmoins encore mal comprise.

Les sursauts radio rapides (ou FRB) interrogent les astronomes depuis des années. Et pour cause : ces signaux sont très fugaces (ils ne durent que quelques millisecondes) et peuvent illuminer l’espace avec autant d’énergie que 500 millions de soleils. Quels objets, ou interactions, pourraient en être à l’origine ? On l’ignore encore.

Le premier FRB fut détecté en 2007. Il s’agissait à l’époque d’un signal unique. Depuis, les chercheurs en ont détecté près d’une centaine, dont certains sont répétés. Ces derniers focalisent davantage l’attention, dans la mesure où nous pouvons tenter de remonter jusqu’à leur source.

Un premier cycle régulier

L’année dernière, l’un de ces FRB répétitifs (baptisé FRB 180916) était notamment enregistré depuis l’observatoire CHIME, au Canada. Des observations supplémentaires ont alors permis de constater que ces signaux émanaient d’une petite région de sept années-lumière de diamètre située dans l’un des bras d’une grande galaxie retrouvée à 500 millions d’années-lumière.

Des analyses de suivi ont ensuite révélé un cycle de répétition régulier : un signal est enregistré une fois par heure pendant quatre jours, puis plus rien pendant 16 jours, et le cycle recommence.

signaux frb
Les signaux répétitifs FRB 180916 proviennent d’une galaxie spirale située à 500 millions d’années-lumière. Crédits : Laboratoire de recherche en astronomie optique-infrarouge de la NSF / Observatoire des Gémeaux / AURA

Une seconde source prévisible

Mais ce n’est pas le premier FRB du genre connu. Des études de suivi de l’événement FRB 121102 (découvert en 2012) ont en effet révélé il y a trois ans que ce dernier suivait également un schéma répétitif. Il y a plusieurs mois, des astronomes ont réussi à retracer son origine dans une galaxie naine (20 000 années-lumière de diamètre) située à environ 3 milliards d’années-lumière de la Terre.

Une équipe de chercheurs s’appuyant sur le télescope Lovell, un radiotélescope de l’observatoire de Jodrell Bank (Angleterre), confirment également aujourd’hui un schéma cyclique, au même titre que FRB 180916. Plus précisément, les signaux émanant de cette galaxie naine lointaine sont observés dans un laps de temps de 90 jours environ, puis un silence s’ensuit pendant 67 jours. Ensuite le cycle recommence.

Alors, à quoi avons-nous affaire ? Ces modèles répétitifs pourraient éventuellement suggérer la présence d’un corps céleste en orbite autour d’une étoile à neutron ou d’un trou noir à l’origine de ces signaux. Dans ce scénario, les signaux cesseraient alors à chaque fois que cet objet passerait devant notre « champ de vision ».

Ce n’est ici qu’une hypothèse. Des travaux supplémentaires seront donc nécessaires pour tenter d’appréhender la véritable nature des objets responsables de ces mystérieux signaux radio.

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