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Une sorte de Pictionnary pour entraîner l’IA d’une meilleure façon ?

Crédits : capture Youtube / Allen Institute for Artificial Intelligence (AI2)

Un institut américain prône une approche différente concernant l’entraînement des intelligences artificielles. Ayant développé un simple jeu de dessin, les chercheurs entraînent leur IA d’une façon qui selon eux serait bien plus bénéfique que les jeux de Go, échecs et autres.

L’IA est forte, mais « stupide »

Des intelligences artificielles ont durant ces dernières années battu l’humain à de nombreux jeux. En 1997, le superordinateur Deep Blue d’IBM battait aux échecs le champion du monde russe de l’époque, Garry Kasparov. Au jeu de go – un jeu réputé plus compliqué que les échecs – l’IA AlphaGo mise au point par DeepMind battait en 2017 pour la seconde fois le chinois Ke Jie, meilleur joueur du monde. Alors que d’autres intelligences ont battu l’humain à divers autres jeux, notamment des jeux vidéos ou encore au poker, nous évoquions la possibilité qu’un jour, une IA puisse battre l’humain au Jenga, un jeu de stratégie demandant également de l’adresse.

Et pourtant Andrew Moore – le dirigeant de Google Cloud AI – avait déclaré lors du Google Cloud Event en novembre 2018 que « l’IA actuelle est en réalité très, très stupide ». Selon l’intéressé, l’intelligence artificielle est très forte « pour certaines choses que notre cerveau ne peut pas gérer, mais ce n’est pas une intelligence sur laquelle nous pourrions nous reposer pour faire un raisonnement général avec des analogies, développer une pensée créative ou pour s’aventurer en dehors des sentiers battus ».

Un Pictionnary pour IA

Un article publié le 5 février dans Science Magazine explique que l’Allen Institute for Brain Science (AI2) – un institut de recherche indépendant – promotionne une approche différente. Les chercheurs estiment que le « sens commun » devrait être placé au centre des avancées sur l’IA. Comme le montrent les vidéos visibles en fin d’article, une sorte de jeu de Pictionnary a été développé. Il s’agit de faire deviner à l’IA ce qu’un humain a dessiné (ou bien l’inverse). Baptisé Iconary, cette version diffère de l’originale afin d’éviter les problèmes avec la société Mattel, détenant des droits du jeu Pictionnary.

Ainsi, le joueur humain dessine et l’IA transcrit le résultat en icône puis assemble plusieurs icônes pour former une phrase. Le jeu en question propose deux niveaux de difficulté et offre pour l’instant un choix parmi 1200 images pouvant être utilisées, et ce afin de représenter 75 000 scénarios différents.

Crédits : Capture YouTube/ Allen Institute for Artificial Intelligence (AI2)

Un concept qui va plus loin

La reconnaissance d’objets ne serait pas suffisante selon les chercheurs, indiquant que leur IA (Allen A.I) est capable d’établir une relation entre les objets dessinés. Par exemple, un groupe de personnes et un ballon deviennent une équipe, ou encore ce même groupe associé à un tableau devient une classe. Il s’agit alors de reconstituer des concepts avec une certaine finesse.

Par ailleurs, si Allen A.I se perfectionne au fur et à mesure des parties, il faut savoir que pratiquement tout se joue au niveau de la collaboration homme-machine. En effet, l’intelligence artificielle doit assimiler des concepts par essence inconnus. En tout cas, le jeu Iconary permet de s’approcher de ce sens commun dont les IA actuelles sont dépourvues. Dirigeant l’Allen Institute for Brain Science, Oren Etzioni estime que pour rendre une IA aussi intelligente qu’un humain, il faudrait par exemple sensibiliser cette dernière aux principes de base de la physique, et à d’autres concepts qui lui sont inconnus, mais pourtant basiques.

Sources : ZDNetFutura Sciences

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