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Une rivière polluée à la MDMA à cause d’un festival de musique

Crédits : AmyLaughinghouse / iStock

Le célèbre festival de Glastonbury, dont les deux dernières éditions ont fait l’objet d’une annulation, a récemment fait couler beaucoup d’encre. Une rivière se situant près du site accuse la présence de produits tels que la MDMA ou encore la cocaïne. Cette pollution provenant des urines des festivaliers menacerait des espèces animales protégées.

Une concentration multipliée par quatre

Le Glastonbury Festival of Contemporary Performing Arts se déroule dans le sud-ouest de l’Angleterre depuis 1970. Chaque année, plus de 100 000 personnes s’y réunissent, principalement pour célébrer la musique pop. Néanmoins, les éditions 2020 et 2021 ont été annulées en raison de la crise sanitaire en lien avec la Covid-19. Dans un article du 29 septembre 2021, la chaîne britannique Sky News a rapporté des nouvelles provenant d’une étude menée par un duo de chercheurs de l’Université de Bangor et du Center for Environmental Biotechnology. L’étude en question a été publiée par la National Library of Medicine le 17 septembre.

Selon les scientifiques, il est question d’une multiplication par quatre de la concentration de MDMA (ecstasy) dans la rivière Whitelake au cours de la semaine suivant l’édition 2019 – en amont et en aval du site. Outre la présence de MDMA, le duo a également évoqué une concentration de cocaïne. Par ailleurs, la pollution provenant des urines des participants, la contamination semble s’être faite progressivement chaque année.

rivière Whitelake
Crédits : Trish Steel/Wikipedia

Les drogues perturbent des espèces protégées

Selon Christian Dunn – l’un des deux chercheurs de l’étude – la MDMA et la cocaïne sont des polluants inquiétants. Ces derniers sont dévastateurs et les travaux à leur sujet sont rares. L’intéressé estime qu’il est très important d’éduquer et sensibiliser les festivaliers concernant les déchets de médicaments et de produits pharmaceutiques. Le fait est que la concentration de drogue présente dans la rivière est suffisante pour mettre à mal le cycle de vie de plusieurs espèces protégées. C’est notamment le cas des anguilles d’Europe (Anguilla anguilla). Les auteurs de l’étude pensent que ce genre de pollution pourrait perturber les efforts ayant pour but de conserver cette espèce en voie de disparition.

De leur côté, les organisateurs du festival de Glastonbury disent avoir conscience du problème. Ces derniers ont indiqué avoir déjà tenté de décourager les festivaliers d’uriner dans la nature et que cette prévention se poursuivra durant les prochaines éditions. Ils ont également rappelé ne pas tolérer la consommation de drogues illégales lors du festival. Une collaboration entre les organisateurs et les scientifiques de la récente étude pourrait ainsi se mettre en place afin d’inclure certaines recommandations dans les efforts de sensibilisation.