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Une pénurie d’eau touche près d’un quart de la population mondiale

Crédits : Istock

Près de 25% de la population mondiale, vivant dans 17 pays, est confrontée à une situation de pénurie d’eau “extrêmement élevée”, selon un rapport de l’Institut World resources (WRI) publié mardi.

En Afrique du Sud, la ville du Cap avait frôlé la catastrophe en avril 2018, flirtant avec le “jour zéro”, à partir duquel l’eau ne sort plus des robinets. Le résultat de précipitations inexistantes et de points d’eau publics insuffisants (seulement 200 pour 4 millions d’habitants). Même constat en Inde, deuxième pays le plus peuplé au monde, qui vit actuellement la plus importante crise de l’eau de toute son histoire à cause de l’épuisement des nappes. Ce ne sont ici que des exemples. Selon un nouveau rapport, 17 pays seraient actuellement confrontés à une situation de pénurie d’eau “extrêmement élevée”. Près d’un quart de la population mondiale (1,7 milliard de personnes) serait concerné.

«La pénurie en eau est la plus grande crise, celle dont personne ne parle, a déclaré Andrew Steer, PDG de l’Institut World resources. Un manque d’eau qui, forcément, aura des conséquences en matière d’insécurité alimentaire, de conflits et de migrations, et d’instabilité financière».

Une surexploitation des ressources

Notez que ces 17 pays – dont la plupart se situent au Moyen-Orient (Qatar, Israël, Liban ou encore Iran) – ne sont pas les seuls concernés. Pas moins de 27 autres pays – dont l’Italie – essuient également des niveaux de stress hydrique “élevés”. La France, elle, se place au 59e rang dans ce classement, installée dans la catégorie à risque “moyen-élevé”.

En cause : la surexploitation des ressources naturelles. Les prélèvements hydrauliques dans le monde auraient en effet plus que doublé depuis les années 1960 en raison d’une demande toujours plus croissante, nous apprend le rapport.

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Crédits : Institut World resources (WRI)

Réduire le stress hydrique

Mais tout n’est pas perdu. «Les données sont claires : il existe des tendances indéniablement inquiétantes. Mais en prenant des mesures dès maintenant et en investissant dans une meilleure gestion, nous pouvons résoudre les problèmes liés à l’eau pour le bien des personnes, des économies et de la planète», peut-on lire. Des solutions, le rapport en propose plusieurs.

«Les agriculteurs peuvent utiliser des semences nécessitant moins d’eau et améliorer leurs techniques d’irrigation en utilisant un arrosage de précision plutôt qu’en inondant leurs champs», peut-on lire. Est également soulignée la nécessité d’investir dans des infrastructures dites “grises”, telles que les canalisations et les usines de traitement. Mais aussi dans les infrastructures “vertes”, telles que les zones humides, dans le but de résoudre les problèmes d’approvisionnement.

Certains pays ont également pris d’autres mesures très concrètes. C’est notamment le cas de l’Arabie Saoudite, qui facture davantage l’eau pour éviter son gaspillage. Ou encore de la Namibie, qui transforme les eaux usées en eau potable depuis maintenant 50 ans.

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