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Une nouvelle technique de génétique pour booster l’élevage et sauvegarder les espèces

Crédits : Chabe01 / Wikipedia

Des chercheurs étasuniens ont eu une idée afin de produire davantage de bétail tout en donnant aux animaux certaines caractéristiques. Il s’agit d’implanter des cellules de testicules d’autres animaux donneurs. Le but ? Préserver certaines races ou espèces en voie de disparition, mais aussi contribuer à régler les problèmes d’insécurité alimentaire dans le monde.

Le clonage de testicules

Jon Oatley est biologiste au Centre de biologie reproductive à la Washington State University de Pullman (États-Unis). Selon l’intéressé, cloner des cellules de testicules de taureau (ou de porc) chez d’autres mâles est très intéressant. En effet, ceci permet d’obtenir une descendance du donneur. Dans une étude parue dans la revue PNAS le 27 juillet 2020, intervenir ainsi dans la spermatogenèse permet une meilleure diffusion des caractéristiques souhaitables. Or, ces caractéristiques peuvent améliorer l’efficacité de la production et ainsi, entrevoir une solution concernant l’insécurité alimentaire dans le monde.

Comme il existe la notion de mère porteuse, nous avons ici des “pères porteurs”. La première étape consiste à rendre ces derniers stériles au moyen de l’outil d’édition génétique CRISPR-Cas9. Les chercheurs ont donc agit sur le gène NANOS2 en lien avec la fertilité. Par la suite, ils s’agissait d’implanter les cellules souches reproductrices du mâle ayant les caractéristiques désirées dans les testicules des mâles porteurs. Ceux-ci se mettent alors à produire du sperme ayant les mêmes caractéristiques que le donneur.

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Crédits : iStock

Mieux que l’insémination artificielle

Dans le cadre de leurs recherches, les scientifiques ont produit des souris, des porcs, des bovins mais aussi des boucs stériles. En revanche, la transplantation a pour l’instant seulement fait l’objet de tests sur sur la souris mais s’est révélée être un succès. Selon les meneurs de l’étude, le clonage de testicules est plus intéressant que l’insémination artificielle.

Citons par exemple le fait que chez la chèvre, l’insémination artificielle est complexe car nécessitant souvent une intervention chirurgicale. Dans le cas du porc, l’insémination rend obligatoire la proximité géographique entre les animaux. En effet, le sperme se détériore en cas de congélation. Avec le clonage de testicules, n’importe quel éleveur dans le monde peut donc avoir accès aux matériel génétique des animaux d’élite. De plus, cette technique permet de laisser les animaux se reproduire entre eux de manière naturelle.

Préserver les espèces rares

Pour les chercheurs, augmenter l’efficacité de la production pour réduire l’insécurité alimentaire dans le monde n’est pas le seul objectif. En effet, il est aussi question d’aider à la conservation des espèces rares. Dans le cas des espèces sauvages, le nombre décroissant d’individus fait que les communautés sont isolées les unes des autres. Or, ceci limite leur diversité génétique et engendre souvent des problèmes de consanguinité.

Alors évidemment, réussir un tel projet nécessitera de changer la perception du grand public à propos des animaux génétiquement modifiés. De plus, ces recherches ne sont pas terminées car pour l’instant, il est seulement question d’une preuve de concept. Les scientifiques mèneront davantage de tests et pèseront le pour et le contre en fonction du taux d’échec. Ensuite seulement, il pourrait devenir question d’une commercialisation du concept.