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Une nouvelle espèce de dinosaure découverte en Afrique du Sud

Crédits : Kimberley Chapelle

Une équipe de paléontologues annonce avoir identifié une toute nouvelle espèce de dinosaure tapie dans un musée depuis une trentaine d’années. Les détails de l’étude sont publiés dans la revue PeerJ.

Les musées du monde recèlent de nombreux trésors, mais certains se cachent probablement encore aujourd’hui aux yeux de tous. Par exemple, prenez ce dinosaure découvert en 1978 dans la région de Fouriesburg, en Afrique du Sud. Exposé depuis sa découverte dans la collection de l’Université du Witwatersrandn, à Johannesburg, nous pensions jusqu’à présent qu’il s’agissait d’un spécimen de Massospondylus. Ce dinosaure bipède au long cou évoluait sur Terre il y a entre 203 et 180 millions d’années. Une réanalyse récente de ses ossements, dont un crâne quasi complet, a pourtant révélé qu’il s’agissait en réalité d’une toute nouvelle espèce.

4 mètres de long du museau à la queue

Quelques-uns d’entre nous avaient des doutes sur le fait que cela pourrait être quelque chose de nouveau et de différent“, explique Paul Barrett, du Natural History Museum de Londres. “Son crâne était en particulier beaucoup plus large et carré que celui de Massospondylus qui est beaucoup plus étroit et plus haut dans ses proportions“. Ces doutes ont rapidement été confirmés. Une étude plus approfondie des fossiles a en effet permis de cerner l’animal. Son nom : Ngwevu intloko. Cette créature de 300 kilos longue d’environ quatre mètres du museau à la queue serait morte à l’âge d’environ 10 ans.

A) vue latérale droite. (B) Vue dorsale. (C) Vue latérale gauche du crâne de l’animal. La barre d’échelle représente 10 mm. Crédits : Kimberley EJ Chapelle / Peerj

Un environnement bien différent à l’époque

Vieux de 200 millions d’années, ce dinosaure était un peu plus petit que Massospondylus. Ce dernier pouvait en effet atteindre les six mètres de long. Son cou était plus mince et sa tête plus “écrasée”. En revanche, lui aussi était bipède et se nourrissait principalement de plantes. Néanmoins, les chercheurs n’écartent pas la possibilité que ce dinosaure s’attaquait à de petits animaux. Il évoluait par ailleurs dans un environnement tapissé de fougères, de prêles des champs et de conifères serpenté par de petites rivières. Son principalement ennemi à l’époque était probablement le Dracovenator, un théropode carnivore de cinq mètres de long pouvant peser jusqu’à 400 kilos.

Cette nouvelle découverte nous montre à quel point il est important de “repasser” sur les fossiles conservés en musée. Malheureusement, certains établissements manquent encore parfois d’argent pour entamer des études plus approfondies dans leurs collections. Mais les méthodes d’analyses ayant considérablement évolué depuis quelques décennies, le jeu en vaut la chandelle. “C’est un dinosaure qui s’est caché à la vue de tous“, note le chercheur. “Cela montre que même celles qui ont fait l’objet de nombreuses études, les collections de musées ont souvent le potentiel de nous surprendre avec des découvertes d’espèces toutes neuves“.

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