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Une nouvelle espèce de baleine découverte

Crédits : Tadasu K. Yamada et al., Scientific Reports. 30 août 2019

Une équipe internationale de chercheurs annonce avoir identifié une nouvelle espèce de baleine à bec, que l’on prenait depuis plusieurs années pour une autre. Les détails de l’étude sont publiés dans Scientific Reports.

On la prenait depuis quelques années pour une bérardie de Baird, une espèce de baleine à bec retrouvée dans l’océan Pacifique nord, la mer du Japon et le sud de la mer d’Okhotsk. Mais certaines caractéristiques physiques laissaient à penser qu’il s’agissait en réalité d’une autre espèce, inconnue de la science. De récentes analyses faites conjointement par des chercheurs de l’Université de Hokkaido, l’Université d’Iwate et du Muséum national d’histoire naturelle des États-Unis, confirment aujourd’hui ces soupçons. Cette nouvelle espèce vient d’être baptisée Berardius minimus.

Des caractéristiques bien distinctes

Le “problème” des baleines à bec, c’est qu’elles restent aujourd’hui les championnes incontestées en matière de plongée sous-marine. Ces animaux peuvent s’enfoncer profondément sous l’eau, et y rester plusieurs heures. On pense notamment à la célèbre baleine de Cuvier, capable d’évoluer à plus de 2 900 mètres dans l’océan, pendant plus de deux heures. D’où la difficulté pour les biologistes de les étudier. Récemment, The Stranding Network Hokkaido, un groupe de recherche dirigé par Takashi F. Matsuishi, de l’Université de Hokkaido, a récemment eu l’occasion d’étudier de près six spécimens non identifiés échoués le long des côtes de la mer d’Okhotsk.

Au départ, comme expliqué ci-dessus, les chercheurs ont souligné quelques ressemblances avec B. bairdii (la baleine à bec de Baird). Néanmoins, certaines caractéristiques bien distinctes se sont rapidement démarquées. Les corps étaient plus petits, plus fuselés, plus sombres, et les becs plus courts. Des analyses plus approfondies ont effectivement révélé que la longueur corporelle de ces spécimens adultes (entre 6,2 et 6,9 mètres) était inférieure à celle de B. bairdii (10 mètres en moyenne). Des mesures crâniennes et des analyses ADN ont également distingué les deux espèces.

Illustrations comparant la nouvelle espèce B. minimus (A) et la baleine à bec de Baird (B. bairdii) (B). Crédits : Tadasu K. Yamada

D’autres recherches seront bien évidemment nécessaires pour tenter de mieux comprendre cette espèce. Et, auquel cas, de mieux les protéger. « Il y a encore beaucoup de choses que nous ignorons sur B. minimus, explique en effet Takashi F. Matsuishi. Nous ne savons toujours pas à quoi ressemblent les femelles adultes, et de nombreuses questions se posent par exemple sur la répartition des populations ».

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