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Une nouvelle créature découverte à une profondeur record de 8 kilomètres

Crédits : Capture vidéo

Une nouvelle espèce de poisson a été découverte à une profondeur record de 8 kilomètres dans la fosse des Mariannes dans l’océan Pacifique. Il s’agit du « poisson-limace ». Les images capturées par le sous-marin Oceanlab montrent pour la première fois un poisson d’une telle taille évoluer à des profondeurs extrêmes.

C’est dans les abysses de la fosse de Mariannes que le sous-marin Oceanlab, piloté par les scientifiques de l’université d’Aberdeen (Écosse) nous rapporte des images d’un poisson vivant à une profondeur jamais vue auparavant. La nouvelle espèce a été observée à une profondeur de 8145 mètres, battant le record de profondeur précédent établi en 2008 au Japon de près de 500 mètres.

Voici donc le « poisson-limace », une espèce nommée ainsi en raison de leur longue queue pointue et de leur aspect visqueux. De la famille des Liparidae, ce poisson vit en petits groupes sociaux et se nourrit de petits crustacés ainsi que des détritus et des carcasses se déposant au fond de l’océan. L’expédition sous-marine a également permis d’observer des amphipodes supergéantes, des crustacés qui peuvent mesurer 30 cm ou plus de longueur et sont souvent appelés les « insectes de mer ».

« Ce poisson qui vit très profondément dans l’océan ne ressemblait à aucune autre chose que nous avions vue auparavant ni ne ressemble à tout ce que nous connaissons », indique Alan Jamieson de l’Université d’Aberdeen. « Il est incroyablement fragile, avec de grandes nageoires en forme d’ailes et une tête ressemblant à un chien de bande dessinée. »

Des chercheurs américains avaient conclu en 2013 qu’il était peu probable qu’un poisson d’une telle taille puisse survivre dans des profondeurs extrêmes. En effet, aucun poisson ne pourrait résister à la pression de l’eau au-delà de cette limite. Or, les cellules des poissons appelées TMAO qui sont chargées de lutter contre la pression en stabilisant certaines protéines seraient la clé de la vie à de telles profondeurs. « La quantité de TMAO est connue pour augmenter avec la profondeur chez les poissons osseux (téléostéens) de zéro à 4.900 mètres. Un poisson-limace, qui vit à 7.000 mètres, a le TMAO le plus haut. Ce qui, par ailleurs, permet d’extrapoler un rendement maximal pour les poissons à environ 8.200 mètres de profondeur ».

La nouvelle technologie robotique permet aux chercheurs d’explorer des profondeurs jamais atteintes auparavant. Qui sait ce que les abysses de la Terre nous réservent encore ?

Repéré sur Science et Avenir, BBC