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Une lueur émeraude repérée dans l’atmosphère de Mars

Crédits : ESA

Des chercheurs ont récemment détecté une lueur nocturne, teintée de vert, dans l’atmosphère de Mars. C’est la première fois qu’un tel phénomène est observé sur une autre planète.

Sur Terre, certains observateurs chanceux peuvent observer des aurores boréales aux hautes altitudes. Ces spectacles nocturnes sont produits par les électrons énergétiques de l’espace interplanétaire qui viennent « frapper » les molécules d’oxygène de la haute atmosphère. L’aurore, cependant, n’est qu’une des façons dont les planètes peuvent s’illuminer.

Certaines atmosphères, y compris celle de la Terre, brillent en effet constamment pendant le jour (lueur diurne) et la nuit (lueur nocturne), alors que la lumière solaire interagit avec certains atomes et autres molécules.

Ces deux lueurs sont entraînées par des mécanismes légèrement différents. « La « lueur nocturne », d’une part, se produit lorsque les molécules éclatées se recombinent, tandis que la « lueur du jour » est produite lorsque la lumière du soleil excite directement les atomes et les molécules telles que l’azote et l’oxygène », explique l’ESA.

Sur Terre, la lueur diurne est quasiment impossible à discerner, tandis que la lueur nocturne n’est visible que depuis les très hautes altitudes. C’est d’ailleurs pour cette raison que seuls quelques astronautes à bord de la Station spatiale internationale (ISS) ont eu la chance de pouvoir l’apprécier.

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Sur cette image prise depuis l’ISS en 2011, une lueur verte se dessine, épousant la courbe de la Terre. Crédits : NASA

L’atmosphère martienne teintée de vert

Une équipe de chercheurs de l’Université de Liège (Belgique), dirigée par Jean-Claude Gérard, annonce avoir détecté non pas une « lueur du jour » mais une « lueur nocturne », teintant d’un vert émeraude l’atmosphère martienne. C’est la toute première fois que ce phénomène est directement observé sur une autre planète.

Pour ce faire, les chercheurs se sont appuyés sur les instruments Nadir et NOMAD, du Trace Gas Orbiter (TGO), équipés de spectromètres ultraviolet-visible (UVIS). Ils ont ensuite étudié l’air de la planète rouge selon un angle spécial d’avril à décembre 2019, imitant la perspective que nous pourrions avoir depuis l’ISS, positionnée au-dessus de la Terre.

Les chercheurs ont ensuite scanné l’atmosphère de Mars à des altitudes comprises entre 20 à 400 kilomètres. Ils ont alors décelé cette lueur verte à toutes les altitudes, bien qu’elle ait été beaucoup plus marquée à environ 80 km du sol.

Selon leurs analyses, cette lueur nocturne serait ici principalement entraînée par la décomposition du dioxyde de carbone, qui constitue 95% de l’atmosphère mince de Mars, en monoxyde de carbone et en oxygène.

Notez enfin que le TGO, en orbite autour de la planète rouge depuis octobre 2016, s’intègre dans le programme russo-européen ExoMars. Celui-ci prévoit l’envoi d’un rover (Rosalind Franklin) en 2022 dans le but de rechercher des traces de vie passée.

Pour rappel, ce rover devait normalement décoller cet été, mais des problèmes techniques avec les parachutes n’ont finalement pas permis de profiter de cette fenêtre de lancement.

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