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Une gigantesque planète en formation à 194 années-lumière ?

Crédits : Capture d'écran Youtube

Des astronomes sont peut-être en train d’assister à la naissance d’une planète à 194 années-lumière de la Terre. Si tel est le cas, son étude pourrait nous donner un aperçu de la prime jeunesse de notre système solaire.

Autour de la jeune étoile TW Hydrae, à 194 années-lumière, un large disque de poussière tourbillonne et, sur le bord extérieur, de la matière s’agglutine. Le signe d’une formation planétaire ? Il pourrait en effet s’agir d’une “graine” qui, à terme, donnerait éventuellement naissance à monde géant de la taille de Neptune. Cette étoile est par ailleurs la plus proche autour de laquelle des objets pourraient se former. Le disque de poussière qui l’enroule est donc notre meilleure chance d’étudier le processus de formation des planètes. Les détails de l’étude sont publiés dans The Astrophysical Journal Letters.

La puissance d’ALMA

TW Hydrae est une très jeune étoile, âgée de moins de dix millions d’années. À titre de comparaison, le Soleil est âgé de 4,6 milliards d’années. Nous observons son disque protoplanétaire d’environ 66 milliards de kilomètres de large depuis quelques années déjà. Mais les choses ont commencé à évoluer il y a quelques années lorsque les astronomes ont commencé à remarquer un étrange amas de matière sur le bord extérieur. Le problème, c’est que la poussière et les gaz froids entourant les jeunes étoiles sont difficiles à observer dans la lumière visible. En revanche, ils émettent des ondes radio. C’est alors qu’ALMA entre en jeu.

Des chercheurs se sont en effet récemment appuyés sur l’Atacama Large Millimeter / submillimeter Array, au Chili, dans le but de situer exactement cette concentration de matière autour de l’étoile. Une première en astronomie. On ne peut en revanche pas encore confirmer qu’il s’agit bel et bien d’un embryon planétaire. Les chercheurs notent en effet qu’il pourrait s’agir d’un “simple” vortex de gaz. Autrement dit, nous n’avons pas encore de réponse définitive quant à la nature de ce bloc de poussière.

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Emplacement de l’amas de matière en orbite autour de l’étoile TW Hydrae. Crédits : ALMA (ESO / NAOJ / NRAO), Tsukagoshi et al.

«Bien que nous n’ayons pas de conclusion solide, le fait de localiser précisément le lieu de cet amas de matière est très précieux pour nous, explique Takashi Tsukagoshi, de l’Observatoire astronomique national du Japon. Nous obtiendrons ensuite des images ALMA à résolution supérieure pour révéler la répartition de la température afin de rechercher d’éventuels indices d’une planète à l’intérieur».

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