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Une explosion de la natalité chez les araignées de l’Arctique est en cours

Crédits : D. Sikes / Wikipedia

Une étude danoise fait état d’une sorte de “baby-boom” concernant les araignées vivant dans la toundra de l’Arctique. À la faveur de températures plus agréables en raison du réchauffement climatique, les araignées pondent deux fois par an au lieu d’une.

Un équilibre bouleversé

Comme chacun le sait, le réchauffement climatique impacte les quatre coins du globe. En Arctique, une hausse de la durée de la saison de croissance est à l’œuvre. Alors que les végétaux ont davantage l’occasion de se développer, certains animaux profitent logiquement de cette aubaine. Une étude parue dans la revue Proceedings of the Royal Society B le 24 juin 2020 s’est intéressée à l’araignée-loup arctique de l’espèce Pardosa glacialis. Selon les chercheurs de l’Université d’Aarhus (Danemark), ces araignées communes dans la toundra pondent désormais deux fois au cours de l’été arctique !

En Arctique, ces araignées sont de redoutables prédatrices et se situent au sommet de la chaîne alimentaire des invertébrés. Si ces dernières sont déjà nombreuses, elles doivent souvent faire face à un manque de ressources. En raison de la courte durée des saisons de croissance, les araignées pondent habituellement une seule fois. Cependant, la hausse des températures vient bouleverser cet équilibre. En effet, les saisons de croissance sont désormais plus longues et permettent aux plantes d’apparaître plus tôt.

toundra arctique
Crédits : Chmee2 / Wikipedia

Un cycle de vie modifié

Les chercheurs danois ont donc tenté de savoir si les invertébrés étaient également affectés par le phénomène. Des pièges avaient été installés entre 1996 et 2014 afin de capturer des spécimens d’araignée. L’objectif ? Compter leurs œufs. Au passage, rappelons que les araignées-loups sont connues pour porter leurs œufs sur elles. Selon les résultats, les chercheurs sont certains que certaines de ces araignées pondent deux fois, comme ceci est commun sous des latitudes plus clémentes.

Selon les meneurs de l’étude, la fonte des neiges printanières est plus précoce, si bien que les araignées pondent une première fois très tôt. Ceci leur laisse ensuite assez de temps pour préparer une seconde couvée. Ainsi, ces animaux modifient leur cycle de vie en réponse au réchauffement climatique. De plus, il n’est pas étonnant que les chercheurs parlent d’un phénomène en constante augmentation.

Enfin, une forte augmentation des populations d’araignées-loups pourrait avoir des effets négatifs sur l’écosystème. Si cette partie nécessite davantage de recherches, il existe quelques hypothèses. Avec une augmentation des effectifs, les araignées pourraient être confrontées à une pression de prédation plus forte avec des proies bien plus rares, et ce malgré l’allongement des saisons de croissance.