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Une étude permet d’identifier un lien entre la peur et l’anxiété dans le cerveau !

Crédits :Tero Vesalainen / iStock

Dans une récente étude, des chercheurs étasuniens ont mis en avant une corrélation à l’échelle cérébrale entre la peur et l’anxiété. Ces recherches uniques pourraient apporter des précisions sur la réponse neuronale face à la peur. Il peut également s’agir de savoir comment la peur se transforme en anxiété.

Déclencher la peur et analyser l’anxiété

Et si nous étions en passe de découvrir comment l’anxiété naît de la peur ? Une étude sans précédent publiée dans la revue NeuroImage le 28 mai 2020 pose les premières bases d’une réponse satisfaisante. Les chercheurs de l’Université du Nouveau-Mexique et de l’Institut CalTech (États-Unis) ont mené des expériences sur des rongeurs. Il s’agit plus précisément d’analyses comportementales couplées avec des scans IRM.

Selon les résultats, plusieurs régions du cerveau stimulées par la peur sont encore actives longtemps après l’événement ayant généré cette même peur ! Afin d’obtenir ces résultats, les scientifiques ont manipulé des récepteurs en sérotonine en désactivant le gène SERT. Rappelons que la sérotonine est un neurotransmetteur situé notamment dans le système nerveux central, également connu pour être l’hormone du bonheur.

La désactivation de ce gène a rendu les souris (SERT-KO) plus vulnérables à la peur et donc à l’anxiété. Or, ceci a permis une meilleure analyse IRM et comportementale. Par ailleurs, les chercheurs leur ont injecté du manganèse. Dans sa forme ionique, cet élément chimique permet de faire ressortir les neurones lors des séances d’IRM.

Après cela, les souris ont été laissées au repos quelques jours afin d’éviter un éventuel stress parasite. Ensuite, elles ont été confrontées à un parfum capable de déclencher la peur. Il s’agit de la molécule TMT (2,3,5-trimethyl-3-thiazoline), issue des glandes anales du renard.

Mieux traiter l’anxiété et les syndromes post-traumatiques

Il faut savoir que les chercheurs ont pratiqué des scans IRM avant, pendant et après les expériences de peur. L’imagerie a permis d’observer de nombreuses zones de forte activité cérébrale (45 au total). Par ailleurs, certaines de ces zones sont apparues plusieurs jours après l’expérience de peur. De plus, les chercheurs ont constaté que chez les souris SERT-KO, les signaux ne disparaissaient qu’après 23 jours suivant l’exposition à l’odeur. Dans le cas de souris normales, cette durée est de 9 jours.

Pour les meneurs de l’étude, il existe une différence entre l’activité cérébrale durant l’anxiété et celle relative à une réponse précise à la peur. Ici, l’activité concerne plusieurs régions spécifiques du cerveau. Surtout, on observe une perte de la coordination naturelle entre ces mêmes régions. Citons notamment le striatum (motivation et survie) et le pallidum, connecté au striatum et participant au système des ganglions de la base. Rappelons au passage qu’une étude publiée en 2018 situait la base neurologique de l’anxiété dans l’hippocampe.

graphique peur souris anxiété
Crédits : CalTech / NeuroImage

Enfin, un épisode d’anxiété suivant une expérience de peur touche également le circuit de la récompense du cerveau, composé entre autres des récepteurs en sérotonine. Pour les meneurs de l’étude, ces recherches pourront servir à mieux identifier l’anxiété mais aussi les syndromes post-traumatiques chez l’humain. Il pourrait être question de traitements plus appropriés apportant davantage d’efficacité.