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Une étude lève le voile sur le régime alimentaire des grands requins blancs

Crédits : OCEARCH

Étonnamment, les grands requins blancs semblent passer une grande partie de leur temps à chasser et se nourrir dans les fonds marins plutôt qu’en surface. Du moins lorsqu’ils sont encore jeunes.

Dans l’esprit populaire, le grand requin blanc (Carcharodon carcharias) est souvent imaginé comme un prédateur vorace nageant près de la surface, à la recherche de proies qu’il viendrait attraper par en dessous. En réalité, l’effet de surprise est le principal atout de ce chasseur.

Si les habitudes prédatrices de ces requins sont assez bien comprises, il nous reste néanmoins encore beaucoup de choses à apprendre. En savoir plus sur leur régime alimentaire, par exemple, est crucial si nous voulons aider à la conservation de ces poissons emblématiques.

Dans cet esprit, une équipe de biologistes marins s’est récemment penchée sur le régime de plusieurs juvéniles évoluant au large de la côte est de l’Australie. Ces travaux, publiés dans la revue Frontiers in Marine Science, ont alors livré des résultats surprenants.

Du saumon, mais pas que

Entre 2008 et 2019, les chercheurs ont étudié le contenu stomacal de 40 jeunes requins. Ces informations ont ainsi permis de lister les différentes proies ciblées par la “nouvelle génération”. Sans suspense, le saumon australien (Arripis trutta) figure largement au menu, représentant environ un tiers des prises.

En revanche, les chercheurs ont été surpris de constater que plus d’un cinquième de leur alimentation était composé de créatures évoluant dans le fond de l’océan, vivant dans des récifs ou s’enfouissant dans le sable. Parmi elles figurent des soles, des poissons à tête plate (une quarantaine d’espèces en Australie), des anguilles ou encore de petites raies.

Changement de régime

Les scientifiques étaient déjà conscients que le régime alimentaire des requins blancs évoluait à mesure que les prédateurs augmentaient en taille, mais ils ne soupçonnaient pas qu’ils puissent passer autant de temps à fouiller les fonds marins à la recherche de proies.

Ils soulignent également que la traque de proies plus grosses, y compris d’autres requins et des mammifères marins tels que les dauphins, ne débute que lorsque les requins atteignent une longueur d’environ 2,2 mètres.

Cela a du sens. À mesure que les requins grandissent, ces derniers ont en effet tendance à se déplacer davantage. Ils ont ainsi tout intérêt à intégrer plus de graisses dans leur alimentation dans le but de permettre ces longs déplacements.

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Richard Grainger, principal auteur de l’étude, analyse le contenu de l’estomac d’un jeune requin blanc. Crédits : Université de Sydney

Il est important de souligner que ces résultats ne représentent qu’un instantané de la façon dont ces requins se nourrissent, à un endroit et à des moments particuliers, précise Catherine Macdonald, biologiste de la conservation à l’Université de Miami en Floride (États-Unis), qui n’était pas impliquée dans la nouvelle étude.

« Les requins mangent beaucoup de choses, et il est probable que leurs choix changent constamment à mesure que le monde qui les entoure change, explique-t-elle. Ces prédateurs pèsent probablement instinctivement plusieurs facteurs tels que leur risque de blessure ou de rencontrer un autre prédateur, leurs chances d’attraper la proie, sa valeur nutritive et leur niveau de faim lorsqu’ils choisissent de s’attaquer à une cible ».

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