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Une étude génétique lève le voile sur les lions des cavernes

Crédits : Amour Dalén

Une analyse génétique confirme que les lions des cavernes de la période glaciaire représentaient bien une espèce distincte des lions modernes. Il apparaît également que cette espèce a divergé en deux lignées distinctes.

De nos jours, les populations de lions africains se trouvent dans les parcs nationaux du Kenya, de Tanzanie et d’Afrique du Sud. Le lion d’Asie ne vit quant à lui plus que dans un ultime refuge : le parc national de la forêt de Gir, dans l’État de Gujarat. Ces aires de répartition modernes sont donc très limitées. En revanche, ces carnivores étaient beaucoup plus nombreux et répandus pendant le Pléistocène.

Certains, les “lions des cavernes”, occupaient la Sibérie et l’Europe centrale. Mais étaient-ils de la même espèce ou représentaient-ils une lignée distincte ? Les paléontologues se sont interrogés sur l’origine de ces anciens grands carnivores. Un nouvel article publié dans Scientific Reports clôt aujourd’hui le débat.

Une séparation il y a 1,85 million d’années

Dans le cadre de ces travaux, des chercheurs de l’Université de Stockholm ont analysé et comparé trente échantillons d’ADN mitochondrial prélevés sur des lions des cavernes. Certains ont été prélevés sur des os et d’autres sur des crocs. Dans un cas, les chercheurs ont même analysé de l’ADN extrait de la peau d’un lionceau exceptionnellement bien conservé. Vieux de 28 000 ans, il avait été  retrouvé en Sibérie il y a deux ans.

En faisant correspondre leur génome à celui des lions communs, les chercheurs ont été en mesure de dresser un arbre généalogique évolutif de ces anciens félins.

Jusqu’à présent, il était admis que les lions des cavernes (Panthera leo spelaea) représentaient une sous-espèce du lion moderne (Panthera leo). Or, d’après cette étude, les lions des cavernes et les lions modernes sont en réalité deux espèces distinctes séparées il y a 1,85 million d’années.

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Les restes bien conservés d’un lionceau des cavernes vieux de 28 000 ans retrouvé il y a deux ans en Sibérie. Crédits : Amour Dalén

Deux sous-espèces

En outre, cette étude a également confirmé que les lions des cavernes se sont de leur côté divisés en deux lignées subtilement différentes. Un groupe vivait en Sibérie et un second vivait plus à l’ouest, en Europe. “Ces animaux auraient vécu dans un paysage frais et sec et dominé par des prairies ouvertes dont une grande partie a disparu après la dernière période glaciaire“, explique David Stanton, principal auteur de l’étude.

En revanche, ces deux lignées de lions des cavernes s’attaquaient à différentes proies. D’après le chercheur, les versions orientales se nourrissaient probablement de bisons et de chevaux tandis que les versions occidentales se rabattaient quant à elles sur les rennes.

La raison de leur extinction n’est, encore à ce jour, pas entièrement comprise. Comme pour beaucoup d’autres espèces disparues à la fin de la dernière période glaciaire, ces lions pourraient avoir essuyé plusieurs menaces simultanées, telles que la perte d’habitat et la prédation humaine sur les grandes proies disponibles.