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Une étoile a rendu visite à notre système solaire il y a 70 000 ans

Crédits : José A. Peñas/SINC - Licence CC 3.0

Il y a environ 70 000 ans, alors que l’humanité continuait à quitter l’Afrique, une étoile s’est approchée de notre système solaire. L’étoile de Scholz, comme elle fut baptisée, ne faisait que 9% de la masse de notre propre Soleil, mais elle a tout de même fait “bouger les choses”.

Dans l’Univers tout est en mouvement. Notre étoile se déplace également, orbitant autour du centre galactique. Et il arrive parfois que certaines étoiles se rencontrent en chemin, de près ou de loin. Ce fut notamment le cas dans notre voisinage cosmique il y a environ 70 000 ans. À cette époque, les humains modernes commençaient à quitter l’Afrique et les Néandertaliens prospéraient encore. Une petite étoile rougeâtre s’est alors approchée de notre système solaire, perturbant certaines comètes et astéroïdes par sa force gravitationnelle. Des astronomes de l’Université Complutense de Madrid et de l’Université de Cambridge ont récemment vérifié que le mouvement de certains de ces objets est encore marqué par cette rencontre stellaire.

Un examen attentif des positions des objets dans le Nuage d’Oort, aux limites extrêmes de notre système solaire, révèle en effet que certains sont encore influencés. Les chercheurs ont analysé les positions d’environ 340 objets évoluant sur de larges orbites et ont découvert que plusieurs dizaines d’entre eux n’étaient pas exactement là où ils devaient être. “En principe, on s’attendrait à ce que ces positions soient uniformément réparties dans le ciel, en particulier si ces objets proviennent du nuage d’Oort, explique Carlos de la Fuente Marcos, auteur principal de l’étude. Cependant, ce que nous trouvons est très différent : une accumulation statistiquement significative de radiants”.

Rembobinant “l’horloge” de ces objets, les chercheurs en ont conclu que l’étoile de Scholz était susceptible d’être la cause de leur subtile redistribution. La période durant laquelle cette étoile a traversé le nuage d’Oort et sa position pendant la préhistoire coïncide avec les données de la nouvelle enquête. “Cela pourrait être une coïncidence, mais il est peu probable que le lieu et l’heure soient compatibles”, notent les chercheurs.

À l’heure actuelle, le minuscule objet faiblement éclairé se trouve à environ 20 années-lumière. Mais il y a 70 000 ans, il se frottait à la périphérie de notre système, à 0,8 année-lumière de notre planète, soit à environ 7600 milliards de kilomètres (50 000 fois la distance Terre-Soleil). Ces distances pourraient paraître énormes; sur le plan astronomique, c’est en réalité très très proche, une intrusion inconfortable dans notre espace personnel.

Il est ainsi possible qu’à l’époque, nos ancêtres les plus observateurs aient remarqué la lueur rougeâtre de l’étoile dans le ciel nocturne. Ce qu’ils n’auraient pas vu en revanche, c’est son minuscule compagnon en orbite – une étoile naine brune et sombre dont la masse avoisine les deux tiers de celle de l’étoile de Scholz.

Ce travail sur la façon dont nos voisins stellaires affectent notre système solaire pourrait également avoir des implications significatives pour de futures rencontres potentielles. Chaque million d’années, on estime qu’il pourrait y avoir jusqu’à 600 étoiles passant à au moins 16,3 années-lumière de notre Soleil. Savoir comment leur attraction gravitationnelle influence les orbites de nos objets pourrait donc être utile.

Vous retrouverez tous les détails de cette étude dans les Monthly Notices of the Royal Astronomical Society.

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