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Une énorme civilisation maya découverte au Guatemala

civilisation Maya
Crédits : Hansen et al., Ancienne Méso-Amérique 2022

Une équipe d’archéologues annonce avoir identifié les restes d’une ancienne civilisation maya jusque-là non identifiée dans le nord du Guatemala. Les sites dispersés (qui regroupaient jadis plus de 900 colonies interconnectées) recouvrent une superficie d’environ 1 685 kilomètres carrés. Les détails de l’étude sont publiés dans la revue Ancient Mesoamerica.

Une véritable civilisation

L’une des plus grandes études LiDAR régionales contiguës publiées à ce jour dans les basses terres mayas nous révèle plus de 775 anciennes colonies mayas dans le bassin karstique de Mirador-Calakmul et 189 autres dans la crête karstique environnante, formant ensemble 964 établissements archéologiques. Tous dateraient de la période maya préclassique, qui a duré d’environ 1000 avant notre ère à 150 de notre ère.

Pour rappel, la technologie LiDAR consiste à faire rebondir des milliers d’impulsions laser depuis un hélicoptère sur le terrain au sol. La technique permet ainsi de révéler des structures archéologiques sous une végétation dense qui passeraient autrement inaperçues.

Ces 964 sites sont regroupés en cités, villes et villages, mais semblent tous avoir fait partie d’une même civilisation unifiée et interconnectée. Les chercheurs ont en effet identifié plus de 130 kilomètres de routes reliant différentes colonies. L’existence de ces liaisons aurait permis aux habitants de visiter facilement d’autres colonies tout en facilitant les efforts collectifs de travail.

Nous savons par ailleurs que l’un des jeux les plus populaires à travers les Amériques au cours de ces derniers milliers d’années impliquait deux équipes utilisant une balle en caoutchouc sur un court en forme de I majuscule. Ici, les chercheurs ont identifié une trentaine de ces terrains. Ils ont également  relevé plusieurs grandes plates-formes et pyramides. Ces structures auraient peut-être servi de centres politiques.

civilisation Maya
Plan du site sud. L’image d’arrière-plan dans le proche infrarouge indique les types de végétation avec une végétation de plaine, ou bajo, en bleu-vert et une végétation de montagne en rouge. Les chaussées ne s’étendent pas au-delà des frontières naturelles du bassin, ce qui suggère une centralisation fermée. Crédit : Hansen et al., Ancienne Méso-Amérique 2022

Un vrai travail collectif

Auparavant, les archéologues avaient supposé que cette région de l’empire maya était peu peuplée. La complexité des sites nouvellement découverts suggère toutefois le contraire. « L’ampleur du travail dans la construction de plates-formes massives, de palais, de barrages, de chaussées et de pyramides datant de la période préclassique moyenne et tardive suggère un pouvoir d’organisation de milliers de travailleurs« , notent les auteurs.

De telles constructions auraient nécessité des producteurs de chaux, des spécialistes du mortier, des techniciens lithiques, des architectes et des spécialistes de la logistique et de l’approvisionnement agricole, ou encore des responsables de l’application de la loi et des religieux, tous hautement qualifiés.

Nous savons également que la région n’avait pas de rivières ou de lacs accessibles toute l’année. Aussi, l’existence d’une population aussi importante aurait impliqué d’importants projets de collecte d’eau. Les chercheurs ont notamment identifié près de deux cents réservoirs artificiels, ainsi qu’un réseau de canaux pour transporter l’eau dans la région.

Brice Louvet

Rédigé par Brice Louvet

Brice est un journaliste passionné de sciences. Ses domaines favoris : l'espace et la paléontologie. Il collabore avec Sciencepost depuis près d'une décennie, partageant avec vous les nouvelles découvertes et les dossiers les plus intéressants.