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Une découverte confirme que le spinosaure était un excellent nageur

Crédits : Jason Treat

L’analyse d’un fossile de queue de spinosaure met de nouveau en évidence le mode de vie semi-aquatique de ce prédateur féroce.

Spinosaurus est connu depuis sa découverte en Égypte en 1912, mais il n’en reste pas moins encore très mystérieux aux yeux de la science. Un épais brouillard que l’on doit principalement à la nature fragmentaire de ses restes. Au fil du temps, l’apparence du dinosaure, qui évoluait il y a entre 100 et 95 millions d’années, a néanmoins commencé à se dessiner.

On imagine alors un grand prédateur d’environ 15 mètres de long, arborant une imposante crête dorsale. Se profile également un long museau muni de dents coniques rappelant celles des crocodiles. Ces dernières lui permettaient sûrement d’attraper des proies glissantes comme des poissons. On suggéra alors que le spinosaure était, au moins en partie, piscivore.

L’ouverture de son nez rétractée, positionnée plus en arrière sur le crâne par rapport aux autres dinosaures prédateurs, aurait également permis à cet animal de respirer plus facilement dès son retour en surface.

Toutes ces caractéristiques ont finalement laissé à penser que ce dinosaure avait vraisemblablement un mode de vie semi-aquatique. Une découverte récente le confirme. L’animal semblait d’ailleurs beaucoup plus à l’aise dans l’eau qu’on ne le pensait. Les détails de l’étude sont publiés dans la revue Nature.

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Crédits : Durbed/Wikipédia

Une queue profilée pour la nage

Il y a quelques années, des paléontologues ont retrouvé un fossile de queue d’un jeune spinosaure bien conservé (environ 80% de la queue) dans les Kem Kem, au sud-est du Maroc. Et celle-ci ne ressemblait en rien à celle des autres carnivores théropodes. Ils ont en effet été surpris de constater une forme de pagaie, a priori capable d’un mouvement latéral étendu.

Grâce à la photogrammétrie, qui a permis de livrer un modèle numérique de cette queue, les chercheurs ont alors été en mesure de pouvoir la reconstruire physiquement (en plastique), pour ensuite la relier à un système robotique imitant les mouvements de nage. Les chercheurs ont ensuite comparé ces performances de natation avec celles d’autres animaux, tels que les crocodiles et les tritons.

Ces travaux ont finalement révélé une queue « exceptionnellement flexible », permettant « une amplitude de mouvement assez impressionnante », écrivent les chercheurs. La queue, plus précisément, générait huit fois plus de poussée dans l’eau que la queue de deux autres théropodes – Allosaurus et Coelophysis.

Le premier dinosaure semi-aquatique confirmé

Au regard de ces résultats, les scientifiques en sont aujourd’hui convaincus : Spinosaurus aegyptiacus, le plus long dinosaure prédateur connu de la science, ne se postait pas seulement debout dans les eaux peu profondes en attendant le passage des poissons; il utilisait aussi la locomotion propulsée par la queue pour chasser des proies – parfois aussi grosses que des voitures – à la manière des crocodiles modernes. C’est la première fois qu’une telle adaptation est rapportée chez un dinosaure.

Cette découverte est le clou dans le cercueil de l’idée que les dinosaures non aviens n’ont jamais envahi le monde aquatique, a déclaré dans un communiqué Nizar Ibrahim, de l’Université de Detroit Mercy et auteur principal de l’étude.

Notons que si le spinosaure était visiblement un nageur capable d’évoluer facilement dans les eaux peu profondes, des restes fossiles ont également été retrouvés à l’intérieur des terres. Autrement dit, l’animal était probablement « aussi à l’aise sur terre que dans l’eau », concluent les chercheurs.

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