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Une cible thérapeutique prometteuse dans la sclérose latérale amyotrophique (SLA) ou maladie de Charcot

Institut du cerveau

La maladie de Charcot ou Sclérose latérale amyotrophique est la maladie du motoneurone la plus fréquente. Il existe deux types de motoneurones : les neurones moteurs centraux qui transmettent les commandes motrices du cerveau (cortex moteur) jusqu’à la moelle épinière, et les motoneurones à proprement parler, localisés dans la moelle épinière, qui font parvenir l’information depuis la moelle épinière jusqu’aux muscles.

La maladie de Charcot en quelques mots

La maladie de Charcot (SLA) se caractérise par une dégénérescence de ces motoneurones. Les informations ne parviennent alors plus aux muscles, conduisant à une paralysie progressive de l’ensemble du corps, jusqu’aux muscles respiratoires, entraînant le décès des patients. La SLA est une pathologie qui évolue très vite, en 3 à 5 ans en moyenne, et pour laquelle il n’existe qu’un seul traitement permettant de ralentir la progression des symptômes pendant quelques mois.

Le rôle du système immunitaire dans la maladie est particulièrement exploré. Une particularité des motoneurones est d’être entourée à la fois par les cellules microgliales, les cellules immunitaires spécifiques du système nerveux central, au niveau de la moelle épinière, et par des macrophages, un type de cellules immunitaires circulant dans le reste de l’organisme, au niveau du nerf, la partie du motoneurone sortant de la colonne vertébrale pour connecter le muscle.

Les macrophages et la microglie jouent à la fois un rôle de défense de l’organisme contre des agents infectieux et de réparation des tissus endommagés. Si le rôle de la microglie dans la dégénérescence neuronale est aujourd’hui admis, celui des macrophages restait à démontrer.

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La recherche au sein de l’Institut du Cerveau

Un des objectifs de l’équipe de Séverine Boillée à l’Institut du Cerveau est d’identifier le rôle des macrophages dans la dégénérescence des motoneurones, ces cellules étant plus accessibles chez les et donc plus faciles à cibler par de nouvelles thérapies. Les chercheurs de l’équipe ont combiné une approche dans un modèle expérimental reproduisant les caractéristiques de la SLA, avec l’analyse de tissus de 11 patients atteints de la maladie.

Ces travaux montrent pour la première fois que les macrophages en périphérie sont capables d’influencer la réponse des cellules microgliales dans le système nerveux central et la dégénérescence des motoneurones. Cela se caractérise dans le modèle expérimental de SLA par un retard d’apparition des symptômes et un allongement significatif de la durée de vie. Les chercheurs ont également identifié des profils d’activation très différents entre les macrophages et les microglies en réponse à la mort neuronale, offrant ainsi la possibilité d’identifier de nouveaux mécanismes à cibler pour les futures thérapies.

L’équipe met ainsi en évidence, pour la première fois, le rôle important des macrophages périphériques dans l’évolution de la sclérose latérale amyotrophique (SLA), ouvrant ainsi la voie à de nouvelles approches thérapeutiques pour les patients. Cette découverte est aussi le point de départ de nouvelles recherches pour traiter les macrophages toxiques pour les neurones, en dehors du système nerveux central, c’est-à-dire de façon moins invasive. Ces recherches pourraient conduire à une diminution significative de la mort des motoneurones des patients atteints de SLA, et pourront constituer la base d’essais thérapeutiques dans les années à venir.

-Article rédigé par l’Institut du Cerveau-