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Une centaine d’humains possède une mémoire autobiographique hautement supérieure !

Crédits : iStock

Sur Terre, rares sont les personnes faisant l’objet d’une hyperthymésie, une affection psychologique extrêmement rare. Celle-ci se caractérise par une capacité supérieure à accéder à des souvenirs autobiographiques. Autrement dit, il est question d’une exaltation de la mémoire épisodique.

Une centaine de “privilégiés”

Vous rappelez-vous de ce que vous avez fait le soir du 18 avril 2012 ? De votre numéro de siège lors d’un vol que vous avez effectué il y a trois ans ? Sûrement pas. Dans le cas contraire, il est grandement possible que vous fassiez partie de cette poignée d’humains ayant un syndrome hyperthymésique (ou hyperthymésie), une affection très rare connue sous l’appellation Highly Superior Autobiographical Memory (HSAM) dans le monde anglophone. Le premier cas documenté date de 1965, et le premier cas diagnostiqué, des années 2000.

Comme l’explique un article de NewScientist du 25 mai 2021, l’hyperthymésie touche environ 100 personnes dans le monde. Celles-ci ont une forme supérieure de mémoire autobiographique (et photographique). Ces personnes peuvent retenir très facilement toutes sortes de détails, même ceux qui habituellement sont insignifiants pour le commun des mortels. En 2010, la chaîne CBS avait consacré une émission sur le sujet intitulée : Comprendre le don de la mémoire sans fin.

Avoir une telle mémoire, nul doute que beaucoup en rêveraient. Or, cette possible considération ferait des personnes HSAM des privilégiées. Cependant, ne pas pouvoir oublier peut avoir des effets pervers, comme l’impossibilité de tourner la page après un événement malheureux.

carte embarquement avion
Crédits : Public Domain Pictures

Quelques secondes pour mémoriser une foule de détails

Des premières études ont récemment tenté de s’intéresser à ce phénomène. L’un des objectifs était de tenter de déterminer si les cerveaux des personnes HSAM comportaient vraiment des différences avec ceux des autres. Or, les travaux ont permis d’affirmer que les individus concernés ne sont pas de meilleurs apprenants que les autres. En revanche, lorsqu’une information s’imprime dans leur mémoire, cette dernière devient quasi indéboulonnable.

Autrement dit, il est question d’une capacité supérieure de mémorisation involontaire. Les experts évoquent la mémoire eidétique, plus performante que la mémoire photographique. Il s’avère que les personnes HSAM observant une photo ont besoin de seulement quelques secondes pour mémoriser l’image dans ses moindres détails. Les premiers travaux suggèrent que le noyau caudé et le putamen seraient en cause. Il s’agit là de deux des trois composants des ganglions de la base, formant ensemble le noyau lenticulaire.

Les chercheurs désirent aujourd’hui procéder à des observations plus nombreuses. Le but ? Comprendre s’il sera un jour possible de donner à tout le monde les moyens d’apprendre de nouvelles techniques dans l’objectif d’améliorer leur mémoire. Le cas échéant, il se pourrait que l’hyperthymésie relève seulement d’une anomalie biologique.