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Un tiers des survivants au coronavirus ont des troubles psychologiques ou neurologiques

La plus importante étude traitant de l’impact de la Covid-19 sur la santé mentale a été publiée dernièrement. Selon les chercheurs, un patient sur trois souffre de troubles neurologiques ou psychologiques après avoir guéri du coronavirus. Si les problèmes les plus récurrents ne sont pas les plus graves, les chercheurs ont tout de même évoqué une troisième vague  psychiatrique.

La plus grande étude sur le sujet

Depuis le début de la pandémie de Covid-19, des médecins ont parfois signalé des séquelles neurologiques et psychiatriques chez les patients guéris. Néanmoins, les données permettant d’évaluer les effets du coronavirus sur le cerveau étaient manquantes. Selon une étude parue dans The Lancet Psychatry le 6 avril 2021, un patient sur trois a eu un diagnostic de troubles neurologiques ou psychiatriques dans les six mois suivant son infection. L’équipe de l’Université d’Oxford (Royaume-Uni) à l’origine de ces travaux a examiné les données médicales de 236 379 anciens malades du coronavirus. Il s’agit de la plus grande étude à ce jour sur les effets du coronavirus sur le cerveau.

Parmi les diagnostics les plus fréquents, nous retrouvons l’anxiété (17 %) et les troubles de l’humeur (14 %). Par ailleurs, les troubles plus graves sont bien moins fréquents, comme les accidents vasculaires cérébraux (2,1 %), la démence (0,7 %) ou encore les hémorragies cérébrales (0,6 %). Petite précision qui a son importance, ces résultats ne concernent pas seulement les cas sévères ou ayant nécessité une hospitalisation. Ils concernent également les formes simples de la maladie.

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Crédits : FlickR/Firesam!

Une troisième vague de troubles psychologiques ?

Les scientifiques britanniques ont également examiné les données de plus de 100 000 patients ayant eu un diagnostic de grippe. Ils ont également pris en compte les informations de plus de 236 000 patients ayant reçu un diagnostic d’infections respiratoires. Or, le risque de diagnostics neurologiques ou psychiatriques était dans l’ensemble 44 % plus élevé après la Covid-19 qu’après la grippe et 16 % plus important qu’après une infection des voies respiratoires. Pour les chercheurs, le risque au niveau individuel de la plupart de ces troubles neurologiques et psychiatriques reste faible. En revanche, ils ont tout de même mentionné un effet possiblement considérable pour les systèmes de santé, tout simplement en raison de l’ampleur de la pandémie.

Par ailleurs, beaucoup de ces troubles sont chroniques si bien que les effets du coronavirus pourraient perdurer pendant de longues années. Ainsi, les scientifiques de l’étude plaident pour l’adaptation et ainsi doter les systèmes de santé de ressources dans le but de faire face aux besoins afin de prendre tout le monde en charge lors de ce qui semble déjà être une troisième vague d’ordre psychiatrique.