in

Un test nasal Covid-19 à l’origine d’une fuite de liquide céphalo-rachidien chez une patiente

Crédits : capture YouTube / Al Jazeera English

Peu après avoir subi un test nasal de dépistage du coronavirus, une patiente étasunienne a consulté pour tout autre chose. Cette personne était prise de maux de tête et de vomissements. En réalité, le test a endommagé la base de son crâne, provoquant une fuite de liquide céphalo-rachidien par le nez.

Un mal antérieur non diagnostiqué

Une publication dans la revue JAMA Otolaryngology–Head & Neck Surgery ce 1er octobre 2020 a fait état d’un cas plutôt rare. Selon les médecins de l’hôpital de l’Université de l’Iowa (États-Unis), un test nasal Covid-19 a percé la paroi du cerveau d’une patiente. Celle-ci souffrait néanmoins d’un problème de santé non diagnostiqué, en plus de l’éventuelle mauvaise application du test nasal.

Selon les médecins, la patiente a fait l’objet d’un test nasal avant une opération pour une hernie. Elle a ensuite constaté l’apparition d’un liquide transparent provenant d’une de ses narines et était également prise de vomissements, de maux de tête et d’une raideur au niveau de la nuque. Les docteurs ont alors rapidement identifié la présence de liquide céphalo-rachidien. Celui-ci a pour mission de protéger le cerveau dans la boîte crânienne.

La patiente estime que la tige pour le test nasal est allée un peu trop loin dans la narine. Toutefois, le cœur du problème était ailleurs, à savoir un traitement antérieur pour de l’hypertension intracrânienne. À l’époque, les médecins avaient utilisé une aiguille afin de drainer du fluide. Malheureusement, la patiente a ensuite développé une encéphalocèle, causant un débordement de la paroi du cerveau sur les fosses nasales. Or, ce mal n’avait pas été identifié durant plusieurs années avant le test.

test nasal covid
Crédits : Claude TRUONG-NGOC / Wikipedia

Penser aux alternatives au test nasal

Aujourd’hui, la patiente est rétablie, mais en cas d’inaction, elle aurait pu développer une infection potentiellement mortelle du cerveau. Pour les médecins, le test n’a pas directement entraîné de problèmes au niveau de la base osseuse du crâne. En revanche, ce même test a causé un traumatisme à l’encéphalocèle déjà présent. Les auteurs de la publication estiment que ce cas prouve que les professionnels de la santé doivent absolument suivre les protocoles avec le plus grand sérieux.

Par ailleurs, les patients ayant été opérés des sinus doivent pouvoir demander des tests par voie orale. Les chercheurs pensent qu’il faudrait envisager davantage de méthodes alternatives au dépistage nasal. Ils invitent également à la plus grande vigilance concernant le type de test pratiqué, surtout chez les personnes présentant des risques au niveau de la base du crâne.