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Un satellite canadien va surveiller les émissions de méthane dans le monde

Crédits : GHGSat

Alors que la prochaine mission du lanceur européen Vega est toujours en attente, un des 53 minisatellites qui seront embarqués retient l’attention. Il s’agit d’un satellite nommé Iris, dont le but sera de surveiller les émissions de méthane sur Terre. Ce gaz a une longévité très limitée mais se révèle être 30 fois plus “performant” que le CO2 pour piéger la chaleur et donc, contribuer à l’effet de serre.

Cibler des sites en particulier

La mission Small Spacecraft Mission Service (SSMS) de l’Agence spatiale européenne (ESA) était prévue pour le 18 juin. Toutefois, le lancement de la fusée Vega depuis le site de Kourou en Guyane a déjà été repoussé deux fois en raison de conditions météorologiques défavorables. Toujours dans l’attente, la mission pourrait subir une autre perturbation. En effet, il est question d’un possible reconfinement de la Guyane en raison du Covid-19.

Dans l’attente d’une clarification de la situation sanitaire sur place, l’ESA se tient prêt. La mission dont il est question ici embarquera 53 minisatellites dont Iris, mis au point par la start-up canadienne GHGSat. Selon son PDG, Stéphane Germain, interrogé dans un article de SpaceNews en 2019, cette société est la seule capable de mesurer ces gaz depuis l’espace en ciblant des sites en particulier.

satellite méthane
Crédits : GHGSat

Créée en 2011, la société GHGSat permet aux entreprises d’identifier les sources et les fuites de gaz à effet de serre (GES). Or, parmi ces gaz, nous retrouvons les inévitables dioxyde de carbone (CO2) et méthane (CH4).

Par ailleurs, il faut savoir que le satellite Iris est le deuxième ayant pour but de mesurer les émissions de méthane. En effet, le satellite Claire est en place depuis 2016 et se concentre sur les émissions de CO2 et de CH4 au niveau des sites industriels pétroliers et gaziers.

Surveiller le méthane est important

Selon Stéphane Germain, sa société lancera une dizaine d’autres satellites du même genre entre 2020 et 2022. L’objectif ? Couvrir davantage de sites à travers le monde et augmenter la fréquence de surveillance. Évidemment, il s’agit là d’une initiative plus que bienvenue en ce qui concerne la lutte contre le dérèglement climatique.

Rappelons au passage que le méthane est un gaz à effet de serre très préoccupant. Si sa longévité dans l’atmosphère est de “seulement” une douzaine d’années, sa capacité à réchauffer est très importante. Selon le GIEC, une tonne de méthane a autant d’effet sur le climat au bout de 20 ans que 86 tonnes de CO2, comme l’a rappelé GHGSat dans un récent communiqué.