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Un quart de la glace de l’Antarctique occidental est maintenant instable

Crédits : Pixabay

De nouvelles analyses suggèrent qu’en 25 ans, le réchauffement des eaux a entraîné une telle dilatation de la glace en Antarctique occidental qu’un quart des glaciers sont aujourd’hui instables. Les détails de l’étude sont publiés dans les Geophysical Research Letters.

Des analyses suggéraient il y a quelques semaines que l’Antarctique avait observé une perte de masse de glace annuelle multipliée par six entre 1979 et 2017. Plus précisément, plus de 40 milliards de tonnes de glace auraient fondu dans l’océan chaque année de 1979 à 1989. Et ce chiffre serait passé à 252 milliards de tonnes chaque année à partir de 2009, jusqu’en 2017. Une nouvelle étude vient confirmer la tendance. S’appuyant sur 25 années de mesures par satellite faites par l’ESA, permettant de suivre l’évolution de la couverture de neige et de glace dans la région, des chercheurs révèlent que le réchauffement des eaux aurait déstabilisé jusqu’à 25 % des glaciers de l’Antarctique occidental.

En d’autres termes, ces glaciers perdent plus de masse par la fonte de la glace et le vêlage d’icebergs qu’ils n’en gagnent grâce aux chutes de neige. Certaines zones semblent également plus touchées que d’autres. Plus de 50 % des bassins glaciaires de Pine Island et de Thwaites auraient par exemple été touchés par cette perte de glace au cours des 25 dernières années. Par endroits, les couches de glace se seraient même affinées de plus de 100 mètres.

Antarctique
Un quart de la glace de l’Antarctique de l’Ouest est maintenant instable, selon une étude. Crédits : Free-Photos/Pixabay

Un impact sur le niveau de la mer

« C’est une démonstration importante de la façon dont les missions satellitaires peuvent nous aider à comprendre l’évolution de notre planète, explique Marcus Engdahl, co-auteur de cette nouvelle étude. Les régions polaires sont des environnements hostiles et sont extrêmement difficiles d’accès depuis le sol. Pour cette raison, la vue depuis l’espace est un outil essentiel pour suivre les effets du changement climatique ».

Et forcément, cette tendance a un impact sur les océans. Selon les chercheurs, les pertes de glace de l’Antarctique oriental et occidental auraient entraîné une élévation de 4,6 millimètres du niveau de la mer depuis 1992. De nouveaux résultats qui soulignent la rapidité avec laquelle les changements se produisent au sud, et les dangers auxquels les communautés côtières pourraient être confrontées à l’avenir si la tendance se poursuit.

Petite “bonne” nouvelle dans ce flot de mauvais résultats : notons que l’Antarctique de l’est – la partie la plus épaisse et la plus froide de l’Antarctique – paraît en grande partie stable.

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