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Un puissant cyclone subtropical méditerranéen s’apprête à toucher le sud de la Grèce !

Medicane observé en septembre 2018. Crédits : fvalk.com.

Un enroulement nuageux présentant des similitudes avec ceux que l’on observe chez les cyclones tropicaux est désormais bien discernable sur les images satellitaires. Il se situe actuellement en mer Ionienne, et va apporter des conditions météorologiques et marines particulièrement médiocres ce samedi, notamment sur une moitié sud de la Grèce, sur les Cyclades et la Crète. Le phénomène devrait ensuite terminer sa course entre l’ouest de la Turquie, le nord-est de la Grèce et le sud de la Bulgarie d’ici lundi, avec là aussi des conditions perturbées à attendre.

Depuis 48 heures environ, les images satellitaires mettent en évidence l’organisation d’un amas nuageux en mer Méditerranée. Ce qui ressemblait initialement à de simples bouffées orageuses comme on peut en rencontrer fréquemment en automne, a progressivement pris l’allure d’un cyclone tropical. Pour désigner ce phénomène, on parle d’ailleurs souvent de médicane, une contraction anglo-saxonne de mediterranean et de hurricane – sous-entendu « ouragan méditerranéen ». Toutefois, ces objets météorologiques ne sont pas classifiés en tant que phénomènes tropicaux mais comme phénomènes sub-tropicaux. Ce terme désigne des systèmes dépressionnaires qui résultent à la fois de processus caractéristiques des latitudes moyennes – comme nos tempêtes d’ouest – et de processus associés aux perturbations tropicales.

Dans le cas échéant, c’est une anomalie dépressionnaire d’altitude qui s’est détachée du réservoir polaire et qui s’est isolée à proximité des côtes nord de la Libye qui a été le déclencheur. En se déplaçant au-dessus des eaux chaudes de la Méditerranée, cette anomalie a participé au renforcement des contrastes thermiques verticaux – favorables à la formation et/ou l’accentuation de bouffées orageuses – et a creusé en parallèle une circulation dépressionnaire de basse couche.

Crédits : EOSDIS Worldview.

Au fur et à mesure de l’intensification de la dépression de surface au-dessus des eaux chaudes, les bouffées orageuses se sont organisées et ont commencé à éroder le cœur froid d’altitude. La machinerie, initialement alimentée par des processus que l’on peut qualifier de frontaux – liés à des contrastes de masses d’air -, a progressivement transité vers une alimentation dominée par les flux de chaleur en provenance de la mer. En effet, quand le vent de surface s’accentue, ces flux d’énergie augmentent. Schématiquement, c’est sur cette base que les cyclones tropicaux fonctionnent – mais dans des proportions bien plus marquées.

Actuellement, le médicane nommé Xenophon par les grecs se situe en mer Ionienne et présente des bandes spiralées qui s’enroulent autour du cœur dépressionnaire. Il va se déplacer assez lentement vers l’est/nord-est au cours des prochaines heures et concerner tout particulièrement les péninsules grecques du Péloponnèse et de l’Attique ainsi que l’archipel des Cyclades et la Crète ce samedi. Le risque principal est associé aux fortes précipitations orageuses qui pourraient laisser par endroits plusieurs centaines de millimètres (plus de 400 mm localement). De puissantes rafales de vent sont aussi à attendre. Elles pourront ponctuellement dépasser les 140 à 150 km/h, mais ce risque sera plus localisé et cantonné à proximité des côtes et des îles ainsi que sur les reliefs exposés. Enfin, la mer sera très agitée et des vagues dépassant les 10 mètres seront possibles.

Rafales maximales simulées par le modèle arpège entre vendredi minuit et lundi 08 h 00 UTC. Plus la couleur tire vers le violet et le gris, plus les rafales sont élevées. À prendre à titre indicatif. Crédits : WXCHARTS.EU.

Au cours de cette journée de samedi, le passage du cyclone au-dessus des terres va l’affaiblir – mais le potentiel de précipitations diluviennes sera toujours présent. Il devrait ensuite traverser la mer Égée où il pourrait légèrement regagner en puissance avant de terminer sa course entre le 30 septembre et le 1 octobre dans une zone englobant l’ouest de la Turquie, le nord-est de la Grèce et le sud de la Bulgarie.

La prévision détaillée de la trajectoire qu’aura cette perturbation est assortie d’une incertitude assez importante étant donné le flux directeur assez mou. Son intensité est également dépendante du trajet parcouru. Si elle venait à survoler moins de terres que prévu, elle pourrait garder une intensité plus élevée par rapport à un scénario où elle passerait nettement sur les zone de reliefs. La situation est donc à suivre de près. Les services météorologiques locaux surveillent attentivement la situation étant donné les impacts majeurs qui pourraient en découler – notamment du point de vue des submersions marines, des inondations et des crues subites. Ces régions étant de plus des lieux très touristiques…

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