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Un premier rein délivré par un drone transplanté chez un patient

Crédits : University of Maryland

Il y a quelques jours, un drone décollait d’un parking de Baltimore – aux États-Unis – pour acheminer un rein 4,5 km plus loin, jusqu’au toit de l’hôpital universitaire du Maryland. La mission a duré dix minutes. Une première.

Certains hôpitaux s’appuient sur des hélicoptères pour les transferts d’organes. D’autres – la grande majorité – passent par des avions commerciaux. Ce genre de procédure prend du temps et selon le vol, l’opération peut être particulièrement coûteuse. Et si l’on passait par des drones ? Du moins, pour les trajets courts. Les organes pourraient en effet être transportés de l’hôpital du donneur à celui du receveur en quelques minutes seulement, permettant ainsi de gagner du temps et de l’argent. Un premier test vient d’être effectué à Baltimore, aux États-Unis. Et tout s’est très bien passé.

Une première qui ouvre la voie

Le drone – fabriqué par des ingénieurs de l’Université du Maryland – a pour cette procédure été utilisé pour acheminer un rein humain de façon autonome d’un site situé au sud-ouest de la ville de Baltimore, jusqu’au centre médical de l’Université. Un peu plus de quatre kilomètres séparaient les deux points. Une fois arrivé à bon port, l’organe a été retiré de l’aéronef, avant d’être transplanté avec succès chez une patiente de 44 ans.

« Il y a trois ans, j’ai commencé à me demander pourquoi nous devions attendre que des avions commerciaux livrent nos organes, expliquait il y a quelques semaines Joseph Scalea, du centre médical de l’Université. Mes patients ne pouvaient parfois pas recevoir d’organes, car il n’y avait pas de vol disponible. Et je n’acceptais pas ça. Je savais que nous pouvions faire mieux. Nous avons alors fait équipe avec des personnes intelligentes et ensemble nous avons proposé des solutions visant à améliorer l’accès à la transplantation à l’aide de drones ».

Pour le médecin, les livraisons d’organes par drones devraient devenir de plus en plus régulières d’ici trois à cinq ans. Et pourquoi pas devenir la norme d’ici cinq à dix ans ?

Des drones sur-mesure

Pour cette opération, le rein a été conservé dans un compartiment cargo scellé, équipé d’un dispositif de surveillance capable de fournir des données en temps réel sur la température, la pression et l’emplacement de l’organe. Toutes ces données peuvent être suivies par les équipes chirurgicales grâce à un smartphone, permettant ainsi de s’assurer que l’organe reste viable durant le trajet. Une caméra installée permet également de suivre le trajet en temps réel et, bien que le drone soit autonome, il est aussi possible de reprendre la main dessus.

Notons par ailleurs que le drone lui-même est équipé de huit moteurs et hélices, répartis par paires sur quatre bras. Une configuration qui lui permet de continuer à voler même en cas de panne d’un ou plusieurs moteurs. L’aéronef dispose également de deux batteries et d’une carte de distribution d’alimentation de secours. En cas de problème majeur, un parachute peut même se déployer pour assurer un atterrissage en douceur.

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