in

Un polymère va permettre une meilleure liaison entre l’Homme et la machine

Crédits : geralt / Pixabay

Des chercheurs étasuniens ont utilisé un polymère afin d’améliorer l’intégration des appareils médicaux dans notre organisme. Pour l’instant, il est question de donner davantage d’efficacité aux implants, mais l’innovation devrait aller plus loin. En effet, il serait possible de mettre au point de nouveaux outils de diagnostic ou encore une interface humain/IA performante.

Un polymère pour plus d’efficacité

Nous dirigeons-nous réellement vers une ère de cyborgs ? Il semble que oui, à en croire une publication dans la revue ACS Discover Chemistry du 17 août 2020. Des chercheurs de l’Université du Delaware (États-Unis) disent avoir utilisé un polymère afin d’améliorer l’intégration des composants électroniques dans le corps. Ce polymère n’est autre que le poly(3,4-éthylènedioxythiophène) ou PEDOT, un conducteur électrique et ionique.

D’une manière générale, les implants médicaux utilisent des matériaux tels que l’acier inoxydable, l’iridium, l’or ou encore le silicium. Malheureusement, ceux-ci engendrent des lésions et le tissu cicatriciel crée une impédance électrique, ce qui a pour effet de réduire l’efficacité des implants. Les directeurs de l’étude ont ainsi tenté d’améliorer cette conductivité en recouvrant les implants d’une couche de PEDOT.

pacemaker
Il est question d’augmenter l’efficacité des pacemakers, mais pas seulement.
Crédits : Steven Fruitsmaak / Wikipedia

La porte ouverte à de nouvelles fonctions

Dans leurs résultats, les scientifiques expliquent avoir réduit l’impédance de deux ou trois ordres de grandeur. Autrement dit, la qualité des signaux a été augmentée, tout comme l’autonomie des implants. Par ailleurs, l’expérimentation est allée plus loin, car les chercheurs ont ajouté au polymère diverses molécules telles qu’un acide carboxylique, un aldéhyde ou encore un maléimide. Or, ce genre de manipulation permet d’attacher des anticorps à l’implant, mais aussi des peptides, voire de l’ADN. Ainsi, cette innovation donne de l’espoir quant à de nouvelles fonctions. Dans un premier temps, il s’agira d’améliorer les pacemakers et autres implants cochléaires, mais les directeurs du projet désirent utiliser le PEDOT afin de créer de nouveaux appareils.

Par exemple, il serait possible de concevoir un capteur capable de détecter la présence d’un cancer. Il suffirait alors d’y attacher le facteur de croissance de l’endothélium vasculaire, ce dernier intervenant entre autres dans la croissance des tumeurs. Il pourrait aussi s’agit d’attacher des neurotransmetteurs afin de détecter et traiter les troubles neurologiques. À terme, il se pourrait que le polymère permette littéralement une fusion entre le cerveau humain et une intelligence artificielle.

Bien que l’utilisation du polymère PEDOT semble avoir une vocation médicale, ceci pourrait toucher d’autres domaines. En 2019, le département de la Défense des États-Unis (DoD) avait indiqué vouloir intégrer des cyborgs dans les rangs de l’armée à l’horizon 2050. Il est notamment question de technologies ayant pour but d’augmenter la vue des soldats, l’ouïe ainsi que le contrôle des muscles. Ainsi, l’armée pourrait s’intéresser au PEDOT afin de faciliter l’intégration de ces technologies dans le corps des soldats.