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Un plan de sauvegarde à long terme pour la Grande barrière de corail en Australie

Crédits : CoffeewithMilk / Pixabay

Le premier ministre australien Tony Abbott vient de présenter un plan de préservation de la Grande barrière de corail classée au patrimoine mondiale de l’UNESCO. L’une des plus grandes attractions touristique de l’Etat du Queensland, dans le nord-est de l’Australie, est en effet menacée par l’impact de l’activité humaine.

Inscrite depuis 1981 au patrimoine de l’humanité, la Grande barrière de corail est un écosystème fragile qu’il faut protéger. L’UNESCO a menacé de la placer sur la liste du patrimoine naturel en péril, mais a donné à Canberra le temps de présenter un rapport sur la manière dont il compte sauvegarder le site. Le projet « Plan 2050 de durabilité à long terme » est né.

Dans les grandes lignes de ce plan de sauvegarde, le gouvernement conservateur promet d’éliminer de manière totale et définitive, tout déversement de déchets de dragage et fixe des objectifs en matière d’amélioration de la qualité de l’eau et de protection de la vie marine. La Grande barrière de corail, cette étendue de 345.000 km², souffre du réchauffement climatique, de la prolifération d’une étoile de mer dévoreuse de coraux, de la pêche, des rejets massifs de nitrates et pesticides provenant des exploitations agricoles et du développement industriel sur la côte dus au boom minier. « C’est un sujet sur lequel, au plus haut niveau, l’Australie dit à ses partenaires étrangers (…) que la Nation tout entière est entièrement engagée dans la protection de la Grande barrière de corail », a expliqué M. Abbott devant la presse dans le Queensland.

Image prise depuis l'ISS, d'une partie de la Grande Barrière de corail
Image prise depuis l’ISS, d’une partie de la Grande Barrière de corail // Crédits : NASA, Roscosmos, JAXA, ESA

Le ministre de l’Environnement Greg Hunt a expliqué de son côté que le but de ce plan était d’avoir, à chaque décennie, « une meilleure qualité de l’eau avec des objectifs ambitieux comme une réduction de 50 % de la présence d’azote d’ici à 2018 et de 80 % d’ici 2025 ». Les déversements de pesticides dans les zones prioritaires doivent baisser d’au moins 60 % d’ici à 2018 et les populations de tortues de mer, de dauphins, et de dugongs doivent soit rester stables ou être en augmentation d’ici à 2020.

La sonnette d’alarme avait été tirée par des chercheurs australiens qui, en février dernier, avaient constaté que les coraux ingéraient des débris de plastique dont le Pacifique est abondamment pollué « à un rythme à peine inférieur à celui auquel ils consomment habituellement le plancton ».

De son côté, le groupe de défense de l’environnement WWF-Australie a jugé ce plan insuffisant même s’ils saluent « les bonnes mesures comme le déblocage de 100 millions de dollars australiens (71 millions d’euros) supplémentaires pour la Grande barrière ». « La survie à long terme de la Grande barrière dépend d’une action collective de la communauté internationale, dont l’Australie, pour réduire les émissions de gaz à effet de serre », a déclaré son chef exécutif Dermot O’Gorman. Greenpeace regrette que le plan autorise la poursuite de l’extraction de charbon dans le Queensland et l’expansion des ports le long du littoral.

Les enjeux économiques et écologiques se heurtent une nouvelle fois. Si le « Plan 2050 de durabilité à long terme » est une avancée certaine pour la sauvegarde de l’écosystème des fonds marins australiens, le gouvernement a également donné le feu vert pour la construction de la plus importante mine de charbon au monde, un projet qui produira des quantités massives de gaz à effet de serre et qui aura aussi des impacts négatifs durables sur la Grande barrière de corail.

Source : AFP

– Illustration : © Underwater Earth / Catlin Seaview Survey – www.catlinseaviewsurvey.com