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Un petit crustacé découvert dans la fosse des Mariannes (avec du plastique dans le ventre)

Crédits : Université Newcastle

Des chercheurs annoncent la découverte d’une nouvelle espèce de crustacé dans la Fosse des Mariannes. Et de manière surprenante (ou pas), l’un des spécimens avait déjà du plastique dans le ventre.

Même les parties les plus profondes de la Terre ne sont pas à l’abri de nos déchets toxiques. Il y a trois ans, des chercheurs avaient en effet prélevé dans la Fosse des Mariannes – qui plonge à près de 11 000 mètres de profondeur – de petits crustacés contaminés par des PCB, des polluants industriels très toxiques pourtant interdits depuis les années 1970.

Ces amphipodes, pouvait-on lire dans la revue Nature ecology & evolution, présentaient des niveaux de contamination « 50 fois plus élevés que les niveaux enregistrés chez les crabes à proximité de la Liaohe River, l’une des rivières les plus polluées de Chine ».

Mais il n’y a pas que des PCB dans la Fosse des Mariannes, il y a aussi du plastique.

Une micro-fibre à près de 7 000 mètres de profondeur

Plus récemment, des chercheurs l’Université de Newcastle (Royaume-Uni) ont en effet identifié une toute nouvelle espèce d’amphipodes à plus de 6 900 mètres de profondeur. Quatre juvéniles, plus précisément, ont été prélevés. Des analyses ont ensuite révélé que trois d’entre eux ne présentaient aucune contamination au plastique. En revanche le dernier, d’une longueur corporelle de 15,6 mm, contenait une fibre de 649,648 μm de long dans son intestin postérieur.

Cette fibre, peut-on lire dans la revue Zootaxa, était probablement constituée de polyéthylène téréphtalate (PET). Pour rappel, ce polymère sert généralement à fabriquer divers emballages et objets du quotidien en plastique. C’est donc tout naturellement que cette nouvelle espèce vient d’être baptisée Eurythenes Plasticus.

« Cette espèce nouvellement découverte nous montre à quel point les conséquences d’une mauvaise gestion des déchets plastiques sont véritablement importantes, a déploré Heike Vesper, directrice du programme marin au WWF Allemagne. Il y a des espèces vivant dans les endroits les plus profonds et les plus reculés de la Terre qui ont déjà ingéré du plastique avant même que l’humanité ne les identifie ».

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Eurythenes Plasticus. Crédits : Université de Newcastle

Le gros problème du polyéthylène téréphtalate est qu’il ne se dégrade pas naturellement dans l’environnement. En revanche, il peut se décomposer. Ainsi, au bout de quelques années, les plus petits morceaux (des micro-plastiques) se retrouvent dans les profondeurs océaniques où ils sont ingérés par les animaux marins, comme les amphipodes.

En raison de la rareté de la nourriture disponible dans les eaux profondes, ces derniers n’hésitent en effet pas à manger à peu près tout ce qui se présente. Et le plastique n’existant pas depuis assez longtemps, ces organismes n’ont pour le moment développé aucune stratégie de détection ou d’évitement.

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