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Un oiseau de l’ère glaciaire exceptionnellement bien conservé découvert en Sibérie

Crédits : Center for Palaeogenetics

Des chercheurs annoncent la découverte d’un oiseau congelé dans le pergélisol sibérien depuis au moins 46 000 ans. Et il est en parfait état de conservation.

En Yakoutie, un territoire du nord de la Sibérie environ cinq fois plus grand que la France, les emplois se font rares. Il est également impossible d’y faire pousser quoi que ce soit. C’est pourquoi beaucoup se tournent vers les mammouths. Au cours de la dernière ère glaciaire, ils étaient en effet des milliers à piétiner ces terres, et bon nombre de leurs défenses jonchent encore le sol. De « l’or » pour les locaux, puisque l’ivoire de ces géants disparus peut se vendre à plus de 1 000 euros le kilo.

Depuis quelques années, une « ruée vers le mammouth » s’est donc finalement démocratisée dans la région. Mais il arrive parfois, au cours de leur chasse à l’ivoire, que les lakoutes (ou Yakoutes) tombent sur d’autres animaux. Ce fut d’ailleurs le cas récemment.

Un oiseau de l’ère glaciaire

Il a quelques semaines, des chasseurs sont en effet tombés sur un oiseau complètement gelé dans le pergélisol. Ces derniers ont alors transmis le spécimen à des chercheurs du Center for Palaeogenetics, en Suède, qui ont ensuite effectué des analyses. Une datation au radiocarbone a finalement permis d’évaluer que ce drôle d’oiseau était mort il y a entre 44 000 à 49 000 ans !

Les conditions retrouvées dans le pergélisol sibérien autorisent en effet la parfaite conservation d’organismes vivants. Ici les températures sont constamment inférieures à zéro, ce qui empêche la prolifération bactérienne et fongique responsable de la décomposition des corps, mais il ne fait pas non plus assez froid pour endommager les tissus.

Nous en avons encore la preuve avec cet oiseau qui, 46 000 ans plus tard, présente encore ses plumes, ses griffes, sa peau et ses tissus mous intacts.

Une ancienne alouette

Les chercheurs ont également réussi à extraire un peu de son ADN. Suffisamment pour comprendre qu’il s’agissait d’une ancienne espèce de passereau baptisée Eremophila alpestris. Il pourrait également s’agir d’un ancêtre de deux sous-espèces d’alouettes retrouvées de nos jours dans le nord de la Russie et en Mongolie. Pour en être sûrs, les chercheurs vont en revanche devoir entièrement séquencer son génome.

Nicolas Dussex, du Center for Palaeogenetics et principal auteur de l’étude, souligne également que ce spécimen pourrait être le tout premier oiseau de la période glaciaire retrouvé congelé. Ce type de découverte est en effet très rare, et ce pour deux raisons.

« La première, c’est que les passereaux étant assez petits et fragiles … il est donc plus difficile de trouver des restes de ces oiseaux intacts sous plusieurs mètres de profondeur, explique le chercheur. Et deuxièmement, il se peut que certaines personnes tombées sur de tels restes aient finalement pensé que l’oiseau était mort récemment, alors qu’il s’agissait en réalité d’un spécimen ancien ».

On rappelle que l’année dernière, dans la même région, une équipe de chercheurs avait annoncé la découverte incroyable d’une tête de loup, découpée, maintenue gelée dans le pergélisol depuis 40 000 ans. En novembre dernier, un canidé vieux de 18 000 ans a également été retrouvé. En revanche pour le moment, on ne sait pas s’il s’agit d’un chien ou d’un loup.

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