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Un nouveau plan radical pour éliminer les moustiques porteurs de maladies

Crédits : WikiImages / Pixabay

Les moustiques sont responsables de la mort d’environ 830 000 personnes dans le monde chaque année et sont plus mortels que n’importe quel autre animal sur Terre, humains inclus. Pour endiguer le problème, Bill et Melinda Gates vont allouer 4,1 millions de dollars au laboratoire britannique Oxitec, rapporte le site Business Insider.

La majorité des décès entraînés par les moustiques (plus de 440 000) sont des cas de paludisme, maladie qui se transmet d’une personne à une autre dans un parasite unicellulaire que les moustiques femelles font circuler lorsqu’elles sucent notre sang. Bill et Melinda Gates s’attellent à éradiquer la maladie mortelle depuis la création de leur fondation en 2000, subventionnant près de 2 milliards de dollars à divers organismes. La fondation consacre maintenant 4,1 millions de dollars américains à une nouvelle approche : l’envoi d’une force de moustiques mâles exclusivement destinés à tuer leurs propres descendants.

Oxitec, une société de génie génétique issue de l’Université d’Oxford en 2002, a en effet créé une toute nouvelle classe de moustiques, baptisés « Friendly Mosquitoes ». Ces insectes mâles, génétiquement modifiés, sont chargés de s’accoupler avec les femelles potentiellement porteuses du virus pour leur transmettre un gène implacable. Leurs progénitures femelles devraient alors mourir avant d’atteindre l’âge adulte. La progéniture mâle – qui rappelons-le ne pique pas – continuera de vivre et de transmettre le gène aux autres femelles. Celles-ci devraient s’imprégner du gène auto-limitant jusqu’à dix générations, a indiqué la société.

Ces nouveaux moustiques Oxitec pourraient être prêts pour des premiers essais sur le terrain d’ici l’automne 2020, mais l’entreprise a rencontré une certaine résistance à l’utilisation de techniques de génie génétique auparavant. Oxitec espère essayer certains de ses autres moustiques fabriqués en laboratoire dans les Keys de Floride cet été, même si les résidents ont par le passé exprimé une farouche opposition à cette idée. Ces derniers ont en effet voté contre l’autorisation des moustiques génétiquement modifiés en 2016.

Oxitec n’est par ailleurs pas la seule entreprise à essayer d’utiliser des moustiques OGM pour la prévention du paludisme. Un groupe de scientifiques de l’Imperial College de Londres travaille également sur une mutation qui vise à stériliser les moustiques femelles porteurs de la malaria.

Brice Louvet

Rédigé par Brice Louvet

Brice est un journaliste passionné de sciences. Ses domaines favoris : l'espace et la paléontologie. Il collabore avec Sciencepost depuis près d'une décennie, partageant avec vous les nouvelles découvertes et les dossiers les plus intéressants.