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Un nouveau film d’emballage alimentaire comestible et biodégradable

Crédits : igorovsyannykov/pixabay

Les chercheurs et entreprises travaillent depuis longtemps sur des films alimentaires comestibles et rentables capables de lutter contre le gaspillage alimentaire et la pollution plastique. Une équipe vient de faire un nouveau pas en avant en proposant un film naturel à base d’algues.

Comestible, efficace et biodégradable

Une équipe internationale de chercheurs annonce avoir développé un nouveau type de film alimentaire comestible et biodégradable (dans l’eau en quelques heures), constitué d’ingrédients naturels. Pour ce faire, ils se sont appuyés sur l’alginate de sodium raffiné à partir de différentes espèces d’algues brunes bien connues telles que le varech géant Macrocystis pyrifera et Ascophyllum nodosum. Ces espèces sont déjà utilisées dans de nombreuses industries (engrais, textiles ou encore produits pharmaceutiques).

L’alginate de sodium est une macromolécule glucidique affichant des propriétés filmogènes potentielles lors de l’hydrolyse. Ces molécules ont été réticulées avec un acide férulique (antioxydant naturel) qui, selon l’équipe, rend le film non seulement solide, mais aussi homogène et plus rigide.

« Les aliments restent frais plus longtemps en raison des composants antioxydants qui ralentissent les processus d’oxydation », confirme Grigory Zyryanov, de l’Université fédérale de l’Oural. « De plus, nous pouvons ajouter d’autres ingrédients – comme de l’ail, du curcuma et du gingembre – connus pour leurs composés susceptibles d’empêcher la propagation des virus ».

Selon les auteurs, aucun équipement spécial n’est nécessaire pour produire ces films à grande échelle. « Il peuvent être produits dans une usine de production de polymères », poursuit Grigory Zyryanov. « La seule condition est qu’il doit répondre aux normes qui s’appliquent à la production alimentaire. Si une source inépuisable d’algues se trouve à proximité (c’est-à-dire l’océan), il sera alors assez simple de les produire ».

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Rammohan Aluru et Grigoriy Zyryanov ont aidé à développer les films comestibles Crédits : UrFU/Andrey Fomin

Une solution à deux problèmes croissants

Ce n’est évidemment qu’un début, mais ces biofilms comestibles, efficaces, écologiques et rentables pourraient permettre de limiter notre dépendance au plastique. À l’heure actuelle, sur plus de 400 millions de tonnes de plastique produites dans le monde chaque année, 158 millions sont utilisées par le secteur de l’emballage. Et principalement pour fabriquer des emballages à usage unique.

L’élargissement de l’utilisation de ces biofilms contribuerait aussi à lutter contre le gaspillage alimentaire. Rappelons qu’environ 1/3 des aliments produits sur la planète sont jetés sans être consommés, ce qui représente environ dix millions de tonnes de déchets. En France, environ 25 kilos d’aliments sont jetés par personne chaque année, dont 7 kg sont encore emballés.

Les détails de l’étude sont publiés dans le Journal of Food Engineering.