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Un nombre étonnant de baleines bleues observé en Géorgie du Sud

Crédits : Janeb13/Pixabay

En quelques jours, une équipe de biologistes a identifié par moins de 55 baleines bleues dans les eaux côtières autour de l’île sub-antarctique de Géorgie du Sud (Royaume-Uni). Du jamais vu depuis la fin de la chasse commerciale.

Décimées au début du siècle dernier, les baleines bleues ont ensuite profité de l’interdiction de leur capture en 1966 pour reconstituer peu à peu leurs effectifs. On estime qu’au début des années 2000, il y en avait entre 5 000 et 12 000 dans tous les océans. Selon les régions, on constate depuis une augmentation des populations de 4 à 7 % par an. Il reste néanmoins difficile de faire des estimations précises tant ces animaux, aussi imposants soient-ils, sont discrets.

D’où la surprise de biologistes qui, en 23 jours seulement, ont dénombré 55 individus au large de la Géorgie du Sud.

« C’est vraiment, vraiment incroyable, s’est enthousiasmé Trevor Branch, de l’Université de Washington à Seattle (États-Unis). En près de 40 ans, je n’avais enregistré que deux observations de rorquals bleus dans la région. Depuis 2007, il y a peut-être eu d’autres observations isolées, dit-il, mais passer de pratiquement rien à 55 en une année est très étonnant ».

Au cours de cette étude, dirigée par le British Antarctic Survey (BAS), les chercheurs ont identifié les baleines à la fois visuellement et selon leurs répertoires de chants. Dans certains cas, ils ont même réussi à prélever des échantillons de peau qui, après analyses, permettront de sonder l’état de santé de ces animaux.

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Une baleine bleue au large de la Géorgie du Sud. Crédits : M.Collins / South Georgia Whale Project

Une année normale pour le krill

On souligne également que ce territoire se trouve dans une zone très abondante en krill, ces petits crustacés dont raffolent les baleines. On pourrait alors se demander si la croissance du nombre de baleines bleues dans la région pourrait être corrélée avec une année exceptionnellement chargée en krill, ou peut-être avec une pénurie de proies ailleurs. Mais les chercheurs en doutent.

« Les données préliminaires ne suggèrent pas qu’il s’agit d’une année particulièrement inhabituelle, explique en effet Jennifer Jackson, co-auteure de l’étude. Ni cette année, ni l’année dernière. Donc, je pense que c’est plutôt positif. Nous savons qu’il y a 100 ans la Géorgie du Sud était un bon endroit pour les baleines bleues. Et aujourd’hui, après des décennies de mesures de protection, il semble que les eaux du territoire soient à nouveau prêtes à les accueillir ».

Les chercheurs prévoient également de faire une nouvelle estimation officielle du nombre de spécimens dans la région à la fin de 2021. Celles-ci devraient être encourageantes, contrastant finalement avec le sombre passé de l’île.

En 1902, le Commandant Carl Anton Larsen, à la tête d’un navire suédois, avait en effet remarqué la présence de nombreuses baleines autour de la Géorgie du Sud. L’endroit idéal pour y installer une station baleinière, s’était-il dit à l’époque. Au total, sept d’entre elles ont été construites et, en 1925, on estime que plus 175 000 baleines avaient été tuées.

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