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Un morceau de « toile cosmique » repéré à 12 milliards d’années-lumière

Crédits : Hideki Umehata

Une équipe d’astronomes annonce avoir observé de manière très détaillée un morceau de « toile cosmique ». Ces filaments de gaz reliant les galaxies ont été repérés à 12 milliards d’années-lumière.

La distribution de la matière ne se fait pas de manière uniforme dans l’Univers. Si vous prenez beaucoup, beaucoup de recul, vous remarquerez alors que sa structure s’apparente à une gigantesque toile cosmique. Les fils de soie sont ici représentés par de gigantesques filaments de matières (gaz), et au croisement de ces filaments se trouvent des amas de galaxies reliées entre elles par la gravité. Certains « carrefours » sont également plus denses que d’autres. Vous y trouverez alors des superamas de galaxies.

Ce que nous propose aujourd’hui une équipe de chercheurs, c’est de pouvoir observer l’un de ces carrefours, alimenté par des filaments de matière. Un « morceau » de toile cosmique repéré à 12 milliards d’années-lumière dans la Constellation du Verseau. Pour ce faire, les astronomes ont utilisé deux instruments de pointe. Le « Multi Unit Spectroscopic Explorer » (MUSE) du très grand télescope de l’ESO (VLT), et la Suprime-Cam du télescope Subaru.

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Une carte nous montrant les filaments de gaz (en bleu). Ils alimentent en matière les galaxies, représentées par les points blancs, qui forment à leur tour des étoiles. Crédit : Hideki Umehata

« Une structure gigantesque et merveilleuse »

Les filaments de gaz et de poussière observés ici s’étendent sur plus de trois millions d’années-lumière, fournissent le carburant nécessaire à la formations d’étoiles – et à la croissance des trous noirs – dans le proto-cluster (un amas de galaxies primitif). « Ces filaments sont extrêmement longs, allant même au-delà du bord du champ que nous avons vu. Cela ajoute de la crédibilité à l’idée que ces structures alimentent les galaxies en matière », explique Hideki Umehat, de l’Université de Tokyo (Japon).

« C’est vraiment très excitant de pouvoir observer clairement, et pour la première fois, ces filaments multiples et étendus dans l’Univers primitif, ajoute Michele Fumagalli, de l’Université de Durham (Royaume-Uni). Nous avons enfin un moyen de cartographier directement ces structures et de les comprendre en détail. Cela nous permettra de mieux appréhender la formation des galaxies ».

Ce n’est ici qu’une seule pièce du puzzle de l’Univers, « la partie émergée de l’iceberg », explique en effet Erika Hamden, de l’Université de l’Arizona (États-Unis). Mais pouvoir observer de nos propres yeux une partie de cette « toile cosmique » – longtemps restée à l’état de théorie – reste une expérience incroyable. « C’est assez sauvage, poursuit-elle. Vous regardez l’espace et vous pensez qu’il est vide, mais il ne l’est pas réellement. Il y a cette structure gigantesque et merveilleuse ».

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