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Un lien biologique entre un régime riche en graisses et la dépression

Crédits : LibreShot

Une étude établit un lien biologique entre un régime alimentaire trop riche en graisses et le développement de la dépression. Une découverte qui pourrait mener à de nouveaux traitements.

Une étude publiée en novembre dernier avait confirmé le lien “psychologique” entre obésité et dépression. Nous savons en effet qu’il peut y avoir un sentiment de malaise lié au manque d’estime de soi. Ce que nous propose aujourd’hui une équipe de chercheurs de l’Université de Glasgow (Royaume-Uni), c’est d’en étudier les raisons biologiques. De tels mécanismes, conduisant au développement de la dépression, peuvent-ils être déclenchés par une alimentation riche en graisses ? La réponse est oui – chez la souris. Les détails de l’étude sont publiés dans la revue Translational Psychiatry.

Direction l’hypothalamus

Dans le cadre de ces recherches, les chercheurs ont dans un premier temps dû s’assurer qu’une l’obésité d’origine alimentaire conduisait bien à des comportements semblables à la dépression chez des souris. Une fois les deux conditions établies, l’idée consistait donc à “voir” ce qu’il se passait dans le cerveau des animaux.

Les chercheurs expliquent alors avoir décelé des perturbations de la voie de signalisation AMPc/PKA dans chaque hypothalamus. Perturbations qui étaient causées par une accumulation de différents acides gras alimentaires. En d’autres termes, les graisses alimentaires seraient suffisamment petites pour pénétrer dans le cerveau, via le sang. Une fois sur place, dans l’hypothalamus, ces graisses favoriseraient ensuite le développement de troubles dépressifs en “enrayant” la machine.

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Un régime riche en graisses favorise un le développement de troubles dépressifs (chez la souris). Crédits : Pixabay/jarmoluk

Vers de nouveaux traitements

« C’est la première fois que nous observons les effets directs qu’un régime riche en graisses peut avoir sur les zones de signalisation du cerveau liées à la dépression, explique George Baillie, principal auteur de cette étude. Cette recherche pourrait commencer à expliquer comment et pourquoi l’obésité est liée à la dépression, et comment nous pourrions potentiellement mieux traiter les patients atteints de ces affections ».

En effet, les patients obèses ne réagissent pas de la même manière aux traitements antidépresseurs que les patients au poids corporel “normal”. La réponse de l’organisme est plus lente, les améliorations de l’humeur sont moins marquées, et bien souvent les traitements induisent une prise de poids supplémentaire. En ayant connaissance de ces nouvelles informations, les chercheurs pourraient à l’avenir penser de nouveaux antidépresseurs capables de cibler spécifiquement ces mécanismes biologiques, améliorant ainsi la qualité de vie de millions de patients en surpoids souffrant de dépression majeure.

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