in

Un internaute a “trafiqué” OpenStreetMap à l’avantage de la Chine

Crédits : capture OpenStreetMap

Récemment, un passionné de cartographie a découvert les agissements d’un mystérieux contributeur sur OpenStreetMap. Ce dernier a modifié certains lieux à l’avantage de la Chine, comme la frontière contestée avec le Bhoutan ou encore au niveau des îles Spratleys en mer de Chine.

Un utilisateur visiblement pro-Chine

OpenStreetMap (OSM) est un projet collaboratif de cartographie en ligne open source visant à constituer une base de données géographiques libre du monde. Autrement dit, il s’agit en quelque sorte du Wikipédia de la cartographie auquel participent de nombreux contributeurs. Comme l’explique le média Rest of World dans une publication du 29 mars 2021, Nick Doiron, un passionné de cartographie et utilisateur de la plateforme, a été interpellé par un article du New York Times paru quelques jours plus tôt. Le quotidien étasunien y expliquait à l’aide de quelques photos satellites comment la Chine avait construit un village le long de la frontière sensible avec l’un de ses voisins : le Bhoutan.

Nick Doiron est alors allé vérifier sur OpenStreetMap et a découvert que quelqu’un avait apporté de nouveaux détails bien avant l’article du New York Times. De plus, ces modifications n’apparaissent pas sur d’autres supports tels que Google Maps. Dubitatif, Nick Doiron s’est étonné de la présence de différents bâtiments comme une école, un poste de police ou encore, une station de radio. L’intéressé se demande d’ailleurs comment quelqu’un a pu avoir accès à ce genre d’informations, même en achetant une photo satellite à une société privée.

frontière Chine Bouthan
Crédits : capture OpenStreetMap /Rest of World
frontière Chine Bouthan 2
Crédits : capture OpenStreetMap /Rest of World

D’autres modifications découvertes

En menant sa petite enquête, le passionné découvre que le “coupable” porte le nom de NM$L. Ce mot d’argot chinois se trouve être en lien avec un label de musique hip-hop. Or, le fait est que l’utilisateur en question avait auparavant opéré d’autres modifications sur OSM le long de la frontière chinoise dans des territoires contestés. Parmi ces modifications, certaines concernent les îles Spratleys, en mer de Chine, également revendiquées par une poignée d’autres pays. Depuis plusieurs années, le pays aménage plusieurs îles dont beaucoup étaient encore il y a peu, seulement des îlots. Il y a quelques semaines, nous évoquions Sansha City, une ville nouvelle ex nihilo rattachée à la province d’Hainan devenue la ville chinoise la plus au sud.

Évidemment, ce genre de modifications montre peut-être les limites de l’open source en matière de cartographie. En effet, tout le monde ne vérifie pas toujours et certains lieux sont très peu documentés. Par ailleurs, les enjeux géopolitiques en lien avec les cartes ont plus que jamais de l’importance. Comme l’expliquait Nick Doiron, des comptes pro-Inde ont également déjà effectué des modifications sur la frontière avec la Chine afin d’y ajouter des points de contrôles militaires.