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Un film transparent qui rejette 70% de la chaleur solaire

Crédits : Flickr

Les climatisations consomment énormément d’énergie. Les conséquences économiques et environnementales ont ainsi poussé une équipe du MIT à mettre au point un film transparent capable de réfléchir la chaleur solaire. Les détails de l’étude sont publiés dans la revue Joule.

Durant les périodes estivales, les climatiseurs marchent à plein régime, gourmands en électricité et rejetant beaucoup d’air chaud à l’extérieur. Mais au lieu de proposer de l’air frais pour venir se substituer à l’air chaud, pourquoi ne pas essayer de directement réfléchir la chaleur ? C’est le principe d’un nouveau film transparent mis au point par des chercheurs américains du MIT (Massachusetts Institute of Technology). Installé sur les fenêtres des bâtiments, ce dispositif serait capable de rejeter jusqu’à 70 % de la chaleur solaire, maintenant ainsi les intérieurs au frais.

Lumière oui, chaleur non

Le film se compose ici de microparticules (500 nanomètres de diamètre) recouvertes de fibres et remplies d’eau. Exposée à des températures égales ou supérieures à une vingtaine de degrés Celsius, l’eau est extraite et la particule se contracte. Les fibres, plus resserrées, réfléchissent ainsi la lumière solaire de manière différente. L’idée consiste alors à laisser entrer la lumière, mais pas (toute) la chaleur.

film chaleur MIT
Crédits : Joule/10,101 6/j.joule.2018.10.019

Rafraîchir les bâtiments

« Appliqué aux fenêtres en été, le film pourrait refroidir passivement un bâtiment tout en laissant entrer une bonne quantité de lumière », estime en effet Nicholas Fang, professeur en génie mécanique au MIT. Il ajoute que « ce matériau offre une alternative abordable et éco-énergétique aux technologies de fenêtre intelligente existantes », notant au passage que pour chaque mètre carré, en temps normal, « environ 500 watts d’énergie sous forme de chaleur sont amenés par la lumière du soleil à travers une fenêtre ». Selon lui, cela « équivaut à environ cinq ampoules ».

Les chercheurs prévoient maintenant de poursuivre les tests, en tentant de mettre au point de nouvelles microparticules plus petites, dans le but d’améliorer leurs propriétés thermiques.

Cercle vicieux

Rappelons que les températures, déjà chaudes en été, pourraient continuer d’augmenter d’ici 2050, poussant ainsi les ménages et entreprises à s’appuyer davantage sur les climatiseurs. Or, la production d’air frais implique forcément un rejet d’air chaud en extérieur. Ironie du sort, en rafraîchissant les intérieurs en périodes estivales, plus d’air chaud se retrouve ainsi à l’extérieur pour finir dans l’atmosphère. Tel est le coût environnemental des climatiseurs.

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