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Un « courant d’étoiles » intergalactique repéré pour la première fois

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Le flux stellaire intergalactique (mis en évidence) a été repéré dans un amas de galaxies à 231 millions d'années-lumière de la Terre. Crédits : Télescope William Herschel/Román et al.

Pendant leurs investigations sur la matière noire, des astronomes ont fait une découverte fortuite : le tout premier flux d’étoiles identifié s’étendant entre les galaxies. Il s’agit également de la traînée stellaire la plus étendue jamais enregistrée. De quoi s’agit-il précisément ?

Une découverte inédite

Les flux stellaires désignent des structures linéaires constituées d’étoiles étroitement liées par la gravité, vraisemblablement arrachées à leurs galaxies ou nébuleuses d’origine sous l’influence gravitationnelle d’autres galaxies voisines. Les scientifiques ont pu cartographier plusieurs de ces filaments au sein des galaxies, y compris au sein de la Voie lactée.

Cependant, jusqu’à présent, aucune de ces entités n’avait été repérée dans l’espace intergalactique, soit l’espace situé entre les différentes galaxies de l’univers. C’est désormais chose faite. La découverte récente d’un flux stellaire s’étendant entre les galaxies constitue une avancée significative dans notre compréhension des structures stellaires au niveau cosmique.

Cette incroyable structure environ dix fois plus longue que la Voie Lactée est également la plus vaste du genre jamais observée.

Ce flux stellaire particulier traverse l’amas de Coma, également connu sous le nom d’Abell 1656. Il s’agit d’un regroupement de plus de 1 000 petites galaxies situées à une distance d’environ 321 millions d’années-lumière de la Terre.

« Ce ruisseau géant a croisé notre chemin par coïncidence« , a déclaré l’auteur principal de l’étude, Javier Román, astrophysicien à l’Institut d’astrophysique des îles Canaries. L’équipe étudiait initialement les halos d’étoiles dispersées autour de l’amas de Coma dans le but de mesurer la matière noire qui entoure le groupe de galaxies lorsqu’elle est tombée accidentellement sur la structure.

Reynier Peletier, co-auteur de l’étude et astronome à l’Université de Groningen aux Pays-Bas, évoque une « structure plutôt fragile au milieu d’un environnement hostile de galaxies qui s’attirent et se repoussent mutuellement« .

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Le flux stellaire est étroitement entouré de dizaines de petites galaxies. Crédits : Télescope William Herschel/Román et al.

Une structure qui interroge encore

Il est en effet inhabituel que cette structure ait survécu au milieu d’interactions gravitationnelles aussi complexes. Les chercheurs, bien que ne comprenant pas complètement les raisons de la persistance et de l’ampleur de ce flux stellaire, envisagent une explication impliquant la matière noire. Cette substance invisible, constituant la majorité de la masse de l’univers, pourrait en effet avoir joué un rôle en étirant le flux stellaire grâce à ses interactions gravitationnelles avec la matière visible.

Les scientifiques ont l’intention d’approfondir leurs recherches sur ce flux stellaire géant en utilisant des télescopes plus puissants. Leur objectif serait d’analyser individuellement les étoiles présentes à l’intérieur pour déterminer si elles présentent des caractéristiques uniques.

La découverte de ce flux stellaire gigantesque implique également la possibilité d’identifier d’autres courants similaires entre les galaxies.

Les détails de l’étude sont publiés dans la revue Astronomy & Astrophysics.