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Un cinquième des Français concernés par une eau potable « non conforme » en 2021

Crédits : BrianAJackson / iStock

En France, de nombreuses personnes consomment directement l’eau du robinet. Considérée comme potable, et même de très bonne de qualité selon les régions, l’eau en France a pourtant récemment fait l’objet d’une controverse. En cause, la présence de métabolites de pesticides dans une eau consommée par 20 % des Français l’an dernier.

Des molécules issues de la dégradation des pesticides

Le 22 septembre 2022, la chaîne France 2 a diffusé un nouveau numéro de l’émission Complément d’enquête. Les journalistes ont relaté les données des agences régionales de santé (ARS) que le journal Le Monde dit avoir collecté l’année dernière. Or, le constat est plutôt inquiétant : en 2021, 12 millions de Français (en métropole) ont reçu dans leurs robinets une eau non conforme aux critères de qualité. L’an dernier donc, ce problème sanitaire concernait 20 % de la population, contre seulement 5,9 % en 2020.

Selon les ARS, l’eau contenait des métabolites de pesticides, un terme désignant une importante variété de produits. Il peut s’agir de produits biocides pour éliminer des nuisibles, de produits phytopharmaceutiques protégeant les plantes ou encore de médicaments antiparasitaires vétérinaires et humains. Par ailleurs, rappelons tout de même que 90 % des surfaces cultivées en France ont recours aux pesticides et que, chaque année, pas moins de 180 millions de tonnes d’engrais chimiques finissent par s’infiltrer dans les sous-sols et les cours d’eau.

Le problème est donc très clair. Après leur utilisation par l’agriculture intensive, les engrais et pesticides se diffusent dans l’environnement. Ensuite, ces produits peuvent se transformer en une ou plusieurs autres molécules, les métabolites de pesticides. Autrement dit, ces métabolites sont issus de la dégradation des pesticides et se retrouvent ainsi dans l’eau potable à des taux dépassant les limites.

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Crédits : Max Pixel

Une fuite en avant de l’administration

Concernant la réglementation, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) applique un principe de précaution. Lorsqu’il y a un doute sur un métabolite, celui-ci se classe dans la catégorie « pertinent » (potentiellement dangereux). Cependant, lorsque le métabolite en question dépasse la limite de qualité, 0,1 microgramme par litre, l’eau devient « non conforme ». Toutefois, l’eau n’est pas interdite à la consommation pour autant. En revanche, une interdiction peut intervenir dans le cas suivant : le taux du métabolite atteint une « valeur sanitaire maximale » (Vmax). Néanmoins, ce seuil critique est assez difficile à déterminer selon les types de molécules.

Comme l’expliquait l’émission Complément d’enquête, 1 commune sur 10 en France (soit 3307) a fait l’objet d’un dépassement de la limite de qualité de l’eau (sans Vmax) en 2021. Il s’agirait d’une fuite en avant de l’administration, les journalistes évoquant un déni de la réalité. En revanche, il est important de souligner que tout dépassement de la limite de qualité n’entraîne pas forcément de risques pour la santé. De plus, les recherches scientifiques sur le sujet ne sont pas légion, si bien que les effets sur le corps humains sont encore assez méconnus.

Enfin, si 20 % de la population française était touchée par le phénomène en 2021, il est aussi pertinent de prendre connaissance des régions les plus concernées. Le Top 5 des régions les plus impactées sont la Bretagne (43 % de la population), le Grand-Est (25,5 %), les Pays de la Loire (25 %), la Bourgogne-Franche-Comté (17 %) et l’Île-de-France (16,3 %).